Le vélib’ new-yorkais, c’est pour plus tard

Alors que le concept de vélib’ séduit de plus en plus de villes américaines (Anaheim en Californie, Chattanooga au Tennessee…), le programme de vélos partagés pédale dans le vide à New York.

La date de lancement des 1 000 premiers Citi Bikes était fixée au 31 juillet, mais “le système informatique connaît actuellement des difficultés“, selon les déclarations du maire de New York Michael Bloomberg à la radio la semaine dernière. Le lancement sera donc reporté à une date encore inconnue, la mairie refusant de commenter plus en détail les rumeurs qui courent.

Le programme de vélos partagés a été imaginé et commandité par la ville de New York, mais le système a été délégué à l’entreprise Alta Bicycle Share. Déjà en charge de programmes similaires à Boston, Washington DC, ou encore Chattanooga, Alta devait finaliser la mise en place des 600 stations new-yorkaises (et 10 000 vélos) pour le début de l’automne 2012. Si le système tarde encore à se lancer, il pourrait ne démarrer qu’au printemps 2013, car personne ne veut rouler dans l’hiver glacial new-yorkais…

Citi Bike fonctionne sur le même principe que dans d’autres villes : des bornes électroniques délivrent et reçoivent des dizaines de vélos Alta en accès libre pour un prix modéré. Mais à la différence des autres systèmes inspirés du vélib’ parisien, celui de New York sera intégralement financé par des entreprises privées : Alta, Citibank et Mastercard. Un détail qui a son importance, puisque Citibank est actuellement en mauvaise passe. Le groupe financier, qui a donné sa couleur bleue et son nom aux Citi Bikes, risque de ne pas pouvoir verser les liquidités prévues à temps – dans l’immédiat une somme de 3,5 millions de dollars, 41 millions au bout de cinq ans de programme. “La participation de Citibank est un mauvais symbole“, estime Benjamin Shepard, membre de l’association de promotion du vélo Time’s Up!. “Beaucoup de gens associent Citigroup aux Indignés de Wall Street. Cette banque qui a mis des milliers de gens à la rue n’est pas vraiment connue pour être l’amie des New-Yorkais” continue M. Shepard.

Pour ce cycliste convaincu, le retard de Citi Bikes n’est pas une mauvaise chose. La ville n’est, selon lui, pas encore prête à accueillir autant de nouveaux adeptes de la Petite reine, notamment parce que les rues sont encombrées de voitures et de piétons, et les accidents cyclistes sont fréquents. “C’est à la ville de faire un grand travail de sécurisation des rues. La police doit être plus présente auprès des cyclistes, et il faut construire des pistes cyclables (…) Nous applaudissons la décision de lancer ce programme à New York, mais il faut aller plus loin”, explique le passionné.

Si Citi Bike arrive à surmonter la grogne des automobilistes new-yorkais, les soucis financiers, et les impasses technologiques, Benjamin Shepard estime que New York a tout à fait le potentiel de devenir une “ville cyclable”. “Le vélo, c’est génial, ça délivrera l’Amérique des problèmes de pollution, d’embouteillages, d’obésité… Faire du vélo devrait être simple, et non une expérience aussi dangereuse“, conclut-il, plein d’espoir.

Crédit photo : The New York Observer