Le retour de la fermeté nationale

Les ratés du “président normal” font les délices de la presse américaine qui n’allait évidemment pas manquer une bonne “querelle familiale”, comme dit le Washington Post qui note que la polémique a “assombri la cérémonie“. Le New York Times prend un certain plaisir à souligner que le fils du président, Thomas Hollande, “aurait peu de rapports avec Valérie Trierweiler”, comme il l’a lui-même déclaré au Point la semaine précédente. Le NYT rappelle aussi que ce tweet “vindicatif” n’est qu’un énimème épisode à ajouter “aux autres manifestations de jalousie vis-à-vis de Ségolène Royal” de la part de la compagne de François Hollande. Pour le journal, l’épisode a “détérioré l’image de François Hollande, [incapable] de séparer sa vie privée de sa carrière politique“.

Et pour le Boston Globe, il sera difficile de revenir en arrière : “il est peut être déjà trop tard pour remettre le génie dans sa lampe”, affirme le quotidien. Celui-ci rappelle aussi qu'”Hollande a battu Sarkozy (…) en grande partie parce que les Français sont devenus fatigués de la vie privée très publique de Sarkozy“, et explique que le champ d’action de la famille Hollande se borne désormais à “tenter de limiter les dégats“.

L’impossible défi industriel du président

Même évènement, nouvelle annonce de fermeté : le gouvernement français s’opposera vigoureusement au plan social de PSA Peugeot-Citroën. L’entreprise en déficit a prévu de couper environ 8000 emplois pour récupérer un milliard d’euros. Un plan jugé “inacceptable” par François Hollande lors de l’entretien télévisé du 14 juillet. Le LA Times voit la résolution du problème comme « le premier grand défi » du président vis-à-vis de sa promesse de ré-industrialiser la France.

Mais le San Francisco Chronicle n’y croit guère: “Hollande est coincé entre les attentes des partisans de son parti et les plans de certaines des plus grandes entreprises françaises de réduire leur nombre de salariés pour s’adapter à la croissance économique lente“. Le journal parle d’un “paradoxe à la française“, dans lequel la France répondrait à des problèmes de long terme par du court terme inefficace, remettant en cause sa croissance et sa compétitivité.

Material girl vs. Bad girl

Dernière clarification après un jour de fête nationale agité: le Front national attaquera bien en justice Madonna. La chanteuse américaine est sous les feux de la rampe depuis son concert en Israël en mai. Elle y avait diffusé durant une nano-seconde le visage de Marine Le Pen avec une croix nazie sur le front, pendant la chanson “Nobody knows me“. Le parti avait déjà prévenu qu’il porterait plainte si Madonna réitérait l”insulte”. C’est chose faite puisque le 14 juillet, Madonna a prouvé qu’elle n’avait rien à craindre de l’ancienne candidate à la présidentielle, dont elle a une fois de plus affiché le portrait orné d’une swastika au Stade de France.

Pour TIME, il s’agit d’un excellent coup de pub pour la “bad girl de la scène politique française” Marine Le Pen. “La chanteuse risque d’avoir peu d’alliés en France si elle associe Le Pen et le nazisme. (…) Même si Le Pen préside un parti réactionnaire et islamophobe, elle n’est clairement pas une fasciste, pas une nazie, et pas Hitler(…) Cette comparaison peut amener les Français à victimiser Marine Le Pen“. Et l’hebdo de conclure : “même si elle perd son procès, Le Pen semble en position de gagner la sympathie du public français“. Une opération de sensibilisation somme toute assez ratée de la part de Madonna, que le magazine surnomme désormais la “material girl”.

Crédit photo : Epa / Maxpp Ian Langsdon