Le “Quotagate” vu par l’Amérique

Révélé par Mediapart, le scandale des quotas compromettant notamment l’entraineur des Bleus Laurent Blanc (finalement mis hors de cause mardi), n’est pas non plus passé inaperçu outre-Atlantique. L’affaire, déjà surnommée par les médias le « Quotagate », a surtout été l’occasion pour les journalistes US de se remémorer avec nostalgie les grandes heures du football français. « Que serait le football mondial sans les Français?» interroge le New York Times, rappelant que c’est bien à Paris que la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) fut fondé en 1904. Et surtout «qu’aurait gagné la France sans» des joueurs comme Thuram, Henry, Desailly, Vieira ou encore Zidane ? L’équipe « black-blanc-beur » qui a fait rêver le monde entier en 1998, outre ses exploits sportifs, était aussi un véritable symbole du « melting-pot ethnique » et l’« exemple même d’une France moderne et multiculturelle », ajoute le Los Angeles Times. Heureusement que les médias américains sont là pour redorer un peu le blason du ballon rond français… dommage qu’il faille remonter près de treize ans en arrière !

Le cliché du Français impoli a encore la vie dure, et à en croire un incident relaté dans le Daily News, ce n’est pas Benjamin Millepied, futur M. Natalie Portman, qui va le contredire. Décoré de la médaille d’honneur de La Maison Française jeudi soir, le chorégraphe de Black Swan, décidément bien susceptible, aurait fait virer une journaliste du NY Times de la soirée organisée à NYU en son honneur. En cause : une question sur la grossesse de sa fiancée, jugée « inappropriée ». De quoi faire regretter aux Américains le temps des « Freedom Fries », va jusqu’à conclure le quotidien !

À la une enfin, la progression de l’enquête sur le crash de l’Airbus d’Air France. Après le repêchage d’une des boites noires, dont on vous parlait dans la revue de presse de la semaine dernière (lire ici), puis de la deuxième le lendemain, c’est cette fois la question de la remontée des corps qui fait parler d’elle. « Une phase peu réjouissante et controversée », lit-on dans USA Today, qui rencontre à la fois des « obstacles techniques et éthiques ». Si cette opération sans précédent « teste les limites de la science » (les corps reposent dans l’épave de l’avion à près de 4000 mètres de profondeur dans l’Atlantique, rappelle CNN), elle ravive aussi de douloureux souvenirs pour les familles de victimes. Pour le PDG d’Air France Pierre-Henri Gourgeon, cité dans le Washington Post, il s’agit tout de même d’une « percée décisive » dans l’enquête sur la « catastrophe la plus meurtrière dans l’histoire de la compagnie » et de l’aviation française, que le New York Times, dans un (très long) article, n’hésite pas à comparer au naufrage du Titanic. Des témoignages sensationnalistes des familles « très divisées », une « mise en examen d’Air France et Airbus pour homicides involontaires » (San Francisco Chronicle), et il n’en fallait pas plus à la presse américaine pour s’en donner à coeur joie.