Le PDG d’Air France aux New-Yorkais: “Venez à Paris!”

Paillettes, smoking, dépenses exhubérantes: c’est tout ça un gala de charité à New York. Mais quand l’heure est au deuil, au choc des attentats, est-ce vraiment une bonne idée de célébrer l’art de vivre à la française?

Oui! C’était la réponse franche et massive du FIAF (French Institute Alliance Française) et de ses invités jeudi soir à l’occasion du gala annuel de l’institution new-yorkaise. “Marie-Monique Steckel (la présidente du FIAF) a décidé de maintenir le gala et de le faire en “black tie” et elle a bien fait!” confiait l’ambassadeur français à l’ONU, François Delattre, venu lui en costume de travail, avant de repartir rapidement travailler sur la résolution contre le terrorisme présentée par la France au Conseil de Sécurité ce vendredi. “Après les deux premiers jours, où il est normal d’annuler, il faut toujours maintenir, montrer que la vie est plus forte!”.

Invité d’honneur de la soirée, le PDG d’Air France-KLM, Alexandre de Juniac, a hésité quelques jours avant de finalement confirmer sa participation. Lui aussi a évité le smoking, mais est venu dire sur scène que la meilleure réponse à donner est de “venir à Paris”. En coulisse, il confiait que la compagnie avait enregistré une vague d’annulations et une baisse des réservations après le 13 novembre, tout en notant qu’il “est trop tôt pour pouvoir tirer des conclusions définitives et savoir si cela aura un impact durable”. (NDLR: Alexandre de Juniac parlait avant que ne commence la prise d’otage de Bamako où plusieurs membres d’équipage d’Air France ont été impliqués).

Marseillaise et minute de silence

Un peu plus tôt, les 450 invités avaient commencé la soirée par une minute de silence suivie d’une vibrante Marseillaise entonnée par une large part de l’assemblée, avant que la directrice générale du FMI, Christine Lagarde vienne remettre un trophée à Alexandre de Juniac. On était en famille: avant de “pantoufler” à Air France, M. de Juniac fut le directeur de cabinet de Mme Lagarde, alors ministre de l’Economie.

C’est l’autre lauréate de la soirée qui a réchauffé les coeurs de tous: Françoise Gilot recevait le Trophée des Arts. L’ancienne muse de Picasso et mère de deux de ses enfants, elle-même peintre et écrivain, est une “Franco-new yorkaise” de longue date, toujours débordante d’activité à presque 94 ans. Elle vient de publier un livre co-écrit avec Lisa Alther, About Women: A Conversation Between a Writer and a Painter.

Le journaliste Charlie Rose est venu lui remettre son trophée, disant comment il était “tombé amoureux” de la peintre à l’occasion d’une interview, avant de se lancer dans une longue tirade: “she was hot at 20, she was hot at 30, she was hot at 40 (…)  and she is still hot at 90!”. Pour la première fois de la soirée, la salle s’est laissée aller à un grand fou rire.

Françoise Gilot avec Charlie Rose
Françoise Gilot avec Charlie Rose (Credit: FIAF/Tony Behar)