Le pari audacieux d’un jeune photographe

David Benoliel est parisien et a travaillé dans le commerce du design et de l’immobilier. Quant il arrive à Miami, il décide d’acheter une boutique à Brickell Village et d’y vendre des chemises. Pas très glamour, pas très excitant, faut bien vivre !

Seulement, l’ennui le ronge tellement qu’un jour son épouse, connaissant son attrait pour le design, l’inscrit au New York’s International Center for Photography. Il part étudier le design graphique, « l’unique chose dont j’avais envie à ce moment là » nous confie-t-il. Et pendant trois mois, il suit des cours à la carte tels que « Black and White » ou encore « Lighting ». Mais c’est lors d’un cours mineur d’ « Introduction à la photographie » que le déclic se fait. C’est « ça » qu’il veut faire, c’est « ça » qui le passionne.

De retour à Miami, décidé plus que jamais à continuer dans cette nouvelle voie, David vend sa boutique et crée son propre studio photo AD013 Studio. Et toujours avide d’apprendre et de se perfectionner, il organise des workshops inédits à Miami et invite des professeurs de renommée tels que Joao Carlos et Claudio Napolitano, tous deux étiquetés du très honorifique titre d’ «Hasselblad Master». Son obstination paye, ses photos de mode commencent à faire parler de lui.

Seulement, il y a un mois, un grain de sable (plutôt une pépite d’or) vient perturber le cours des choses quand Art For A Better Wolrd lui propose de participer à l’énorme exposition d’art (plus de 4000 m2 dans le Wynwood Art District de Miami) qui aura lieu du 1 au 5 décembre.

Branle-bas de combat, il faut agir vite et efficacement. Le thème est trouvé : David travaillera sur les agressions que subit la nature (la marée noire, les sacs plastiques, l’accumulation de déchêts …). Elite, l’agence de mannequins lui fait déjà confiance et sponsorise l’événement en lui envoyant des mannequins. C’est parti pour 4 semaines de travail intense, entouré d’une équipe de pros : styliste, coiffeur, maquilleur, directeur artistique, mannequins. « Ce sont de vrais artistes, j’ai en eux une confiance totale. Notre travail est basé sur la spontanéité et le respect de chacun. Mais ce qui nous anime tous, c’est avant tout la passion pour notre métier». Son maquilleur, Eliut Tarin, le suit depuis le début et excelle dans l’art au sens très large du maquillage. Il s’aventure bien au-delà des limites et « maquille » tout ce qui lui passe sous la main. Posé à même le sol au milieu du studio photo, un amoncellement de fleurs en papier journal recyclé, de formes et tailles variées, nous interpelle. David nous explique qu’Eliut les a imaginées et confectionnées pour venir « maquiller » le corps d’un modèle créant ainsi une somptueuse robe mais aussi se posant sur les ongles, les murs et le sol !

David shoote à un rythme effréné, retouche avec la minutie d’un horloger. Impressionnant. Art Basel approche à grands pas mais il reste serein et lucide. Il ne sait pas ou va le mener tout ça mais ce qui est sûr, c’est que maintenant, il souhaite orienter son travail davantage dans la photo d’art. Et très simplement et « sans prétention » comme il aime à le dire, il nous fait découvrir sur son iPad, une partie des photos créées pour l’événement, zoomant parfois sur certains détails, heureux de faire partager son travail … et son bonheur. Très touchant de simplicité.

http://www.ad013studio.com/

http://www.davidbenolielphotography.com

http://www.artsforabetterworld.com/