David Fattal, l’innovateur de l’année pour le MIT

Etre sacré à 33 ans innovateur de l’année par le MIT a des allures de tour de force. David Fattal, jeune français résidant en Californie depuis bientôt une dizaine d’années, l’a réalisé.

Ingénieur pour Hewlett Packard (HP), il vient de remporter le concours de jeune innovateur organisé pour la première fois en France par le célèbre institut américain. Un ancien de Polytechnique, M. Fattal travaille dans les laboratoires nanophoniques de la multinationale, nichés en plein cœur de la Sillicon Valley. Son projet ? Créer une expérience stéréoscopique à base d’images 3D, visibles sans lunettes. En clair : « Nous voulons qu’il soit possible de regarder des images ou des vidéos en 3D, depuis un appareil mobile, comme un smartphone ou une tablette, sans utiliser de lunettes 3D. C’est en quelque sorte comme les écrans holographiques de Star Wars. »

Quelques exemples de technologies 3D existent déjà, mais l’équipe de David Fattal compte bien se distinguer. « Contrairement à ce qui existe aujourd’hui, comme avec la Nintendo 3DS, nous pourrons voir les objets en 3D sous toutes leurs formes. Pas besoin de se placer en face de l’écran pour observer le phénomène. Nous utilisons des petits pixels qui permettent de rendre l’image 3D visible dans une centaine de directions différentes », explique-t-il.

Tout s’accélère désormais pour le jeune français. Avant la distinction du MIT, il a publié dans la revue scientifique Nature. Arrivé chez HP en 2005, il commence ses recherches discrètement, en dehors de son temps de travail. Très vite rejoint par d’autres ingénieurs, une équipe se forme et les recherches prennent de l’ampleur. Pourtant, David Fattal semble toujours aussi surpris par la vitesse à laquelle les choses ont évolué. « Tout s’est passé assez vite. En seulement deux ans, nos travaux ont été remarqués. Grâce à ce prix, j’ai plus de visibilité au sein même de l’entreprise. Je n’ai plus à courir après les ‘business officers’. Je peux même avoir le choix des personnes avec qui je veux travailler ».

Une longue carrière internationale attend ce jeune français qui a toujours rêvé de travailler aux Etats-Unis. Quand on lui demande quels sont ses futurs projets, il répond : « J’ai une spécialisation dans l’information quantique, je me demande toujours quelle nouvelle sciences fiction je vais bien pouvoir rendre réelle ! »