Le français menacé par la crise budgétaire californienne

L’heure est grave de l’Université d’Etat de Fullerton (CSU Fullerton). Au Département de Langues Modernes, la directrice, Janet Eyring sonne l’alarme. «Notre Département de Littératures et Langues Modernes date de plus de 50 ans, et est composé de 23 professeurs à plein temps, ainsi que de 8 professeurs à temps partiel», explique-t-elle.  «Nous sommes situés sur le plus grand campus du réseau CSU (California State University). Nous sommes à l’image du monde d’aujourd’hui, avec un corps enseignant composé de diverses nationalités et origines ethniques, de langues différentes, et de formations académiques variées. Nous offrons 4 programmes de Bachelors , 4 Masters, et 5 programmes de Mention (Minor). Les coupures budgétaires proposées réduiraient cette offre de moitié.»

À compter de Septembre 2010, les suspensions annoncées par le rapport de la Doyenne Angela Della Volpe se traduiraient par un refus d’admission de tout étudiant désireux de s’inscrire aux programmes de français, d’allemand, et de portugais. Janet Eyring s’empresse de rajouter : «Ce que l’administration n’indique pas dans ses communiqués est que par défaut, les spécialisations de Commerce International en français, allemand, et portugais seraient également supprimées, parce que ces cours dépendent fondamentalement des autres programmes. »

Coordinatrice des Programmes de français, Hélène Domon déplore également cette décision qui éliminerait plus de 50 ans de travail académique dans les langues, la littérature, les civilisations, et les cultures modernes. «Nous n’enseignons pas simplement une langue étrangère aux étudiants. Nous leur apprenons à comprendre certains contextes, les valeurs, l’Histoire et les cultures de la langue qu’ils étudient. »

Janet Eyring et ses professeurs contestent donc vivement les arguments du Bureau du Doyen, en dénonçant des coupures budgétaires qu’ils jugent «prématurées» et «inutiles». « Chaque département dispose en effet d’un budget et d’un taux d’inscriptions cibles», explique Dr. Eyring, « un département réussit  son année quand il atteint son nombre d’inscriptions tout en restant dans le budget. Grâce à la popularité grandissante de nos programmes espagnols, japonais, et chinois, nous sommes confiants de pouvoir maintenir de plus petites classes en français, en allemand, et en portugais. Notre taux d’inscription pour ces trois programmes est tout à fait semblable à celui d’autres départements du réseau CSU, mais nous sommes actuellement le seul campus où ces trois langues sont menacées. »

Voyant se rapprocher à grands pas une réunion décisive courant avril et une décision finale par le Président de l’Université le 14 mai prochain,  Janet Eyrin et son équipe tentent de sensibiliser et de mobiliser largement.  «Nous nous demandons réellement pourquoi notre département a été choisi comme cible par l’université, mais cela ne règlera pas leur déficit budgétaire, et nous ne nous laisserons pas faire», conclut Janet Eyring, prête à se battre pour sauver ce qui peut être sauvé.

Pour participer :
1. Joindre le groupe Facebook Save French/ German/ Portuguese at CSUF !
2. Contacter Dr. Janet eyring [[email protected]] ou Dr. Helene Domon [[email protected]].