Le Français, ce sauvage

Samedi, c’était jour de foot français au Red Bull Arena dans le New Jersey. L’antre des Red Bulls accueillait le Trophée des Champions 2012, remporté aux tirs au but par l’Olympique lyonnais. Un événement sportif avec des accents d’opération séduction pour la Ligue de Football Professionnel (LFP) en terre nord-américaine.

Tourisme au Nike Store   

Pour les journaux américains, l’offensive de charme connaît des résultats mitigés. Pour le New York Times, “le championnat français est respecté, mais n’est pas aussi populaire à l’étranger que les championnats anglais, espagnols, italiens et allemands”. “Alors que les clubs anglais, espagnols et italiens remplissent des stades beaucoup plus grands que la Red Bull Arena (capacité de 25.000 personnes), on attendait 15.000 personnes ce samedi“, raconte le quotidien. Dans un autre article, le journal ajoute que “malgré toutes ces bonnes intentions, le sommet du championnat français est toujours un mystère, même pour les fans  américains de football les plus assidus“.

Ayant eu cinq heures de temps libre pour visiter New York, nos joueurs semblent avoir été sensibles aux charmes de la Statue de la Liberté ou l’Empire State Building. Et cela amuse le New York Times. “Qu’ont fait Utaka et ses co-équipiers (à part un léger jogging dans Central Park)?” s’interroge le quotidien. Citant le dialogue entre les journalistes et le joueur de Montpellier: “Eh bien, je suis allé au magasin Nike pour m’acheter de nouvelles chaussures. Un peu de tourisme? Non.” “Voilà pour un voyage significatif culturellement parlant“, conclut le journal non sans ironie.

Les Français, ces impolis

Provocateurs les Français ? Pour nos homologues américains, ils sont plutôt impolis. L’agence Associated Press, relayée par le Bloomberg Businessweek, raconte une scène observée au Café de Flore. Un serveur s’adresse à un groupe de touristes, lui signifiant « avec condescendance » que « cela ne sert à rien d’attendre. Il n’y a plus de place dehors». Bien sûr, « il y avait toujours des places», note le journaliste.

De tels rituels d’impolitesse ont été acceptés depuis longtemps par les visiteurs comme une partie du prix à payer pour profiter d’une ville aussi belle que Paris“, poursuit-il. Cependant, l’agence s’étonne que les Français, eux-mêmes, souffrent de cette situation: “Il semble que même les Français, qui, au fil des siècles, ont fait de la grossièreté une forme d’art, en ont assez de leur propre incivilité, selon de récents sondages et des campagnes de publicité“.

Dans ce contexte, la nouvelle campagne de sensibilisation de la RATP contre l’incivilité dans les transports retient l’attention de l’AP. “L’autorité des transports parisiens répond en menant une campagne publicitaire d’été contre l’impolitesse“, écrit l’Associated Press. Cette campagne, qui montre des  humains coiffés de têtes d’animaux et se comportant mal avec les usagers, s’adresse à ceux d’entre nous qui ont mis les bonnes manières au placard. « Bonjour », « Merci », « Au revoir », aurait-on tout oublié? Pas de doute pour l’Associated Press, qui en rajoute une couche: “Un jour, on pourrait demander aux Parisiens de retourner à l’école“.

Hollande, Chirac, Sarkozy et l’Holocauste

L’école francaise justement fait-elle bien son travail ? Selon un récent sondage CSA, une majorité des moins 35 ans n’a jamais entendu parler de la Rafle du Vélodrome d’Hiver. François Hollande est revenu sur cet épisode noir de l’Histoire de France lors de sa 70ème commémoration, déclarant qu’il avait été commis “en France, par la France”. Des mots qui n’ont pas manqué de faire réagir la presse américaine. C’était “un mea culpa fort en émotion” pour le Los Angeles Times . Pour le New York Times, “Monsieur Hollande s’est fortement distingué de son mentor et héro de la France de gauche, François Mitterrand“.

Le site Daily Tatler note lui que « les positions de Hollande sur l’Holocauste  confirment une fois de plus auprès des observateurs ses affinités avec le conservateur Jacques Chirac » qui avait déclaré en 1995 que la France « avait une dette éternelle (envers les victimes de l’Holocauste) ». Affinité avec Jacques Chirac, et une fois de plus différence avec Nicolas Sarkozy  dont « la position sur le rôle de la France dans l’Holocauste et la collaboration nazie n’a pas été aussi clairement définie que Chirac ou maintenant Hollande ». Mais d’après le site, “le débat en cours sur le rôle de la France dans l’Holocauste, et autour de son héritage colonial, n’est peut-être pas défini par des idéologies opposées. C’est peut-être plus une question de temps.

Photo: la campagne de sensibilisation de la RATP Crédit Photo: Komonews