Le businessman des BO en VF

Quand Benjamin Dumazot s’installe à New York en 2009, il est un peu las de Paris, a une très bonne raison personnelle de migrer outre-Atlantique (sa femme est Américaine), et des projets plein la tête. Fort de son expérience au sein du label français Discograph, où il travaillait déjà avec des labels étrangers, ce “geek de la musique” élabore le concept de mybestfrenchmusic. Ou comment promouvoir des artistes français dans un marché ardu: les USA. “Le marché américain, ça fait rêver. Si tu arrives à en toucher ne serait-ce que de 2%, c’est déjà énorme“, estime-t-il

A son arrivée à New York, il lui faut tout reprendre depuis le début. “J’ai eu une période d’apprentissage, le temps de me faire un réseau. Et puis, la problématique du marché du disque est ici la même qu’en France: c’est la crise!” Mais Dumazot découvre une niche: l’illustration musicale de séries et de films. Sous l’étiquette mybestfrenchmusic et son catalogue d’artistes essentiellement français (Melanie Pain de Nouvelle Vague, Stuck in the Sound, General Elektriks, Pacovolume, Kim Novak…), il frappe à la porte des “music supervisors”, ces professionnels chargés de marier image et musique, à New York et à Los Angeles. Et ça marche. “Parfois les séries ont besoin d’une touche française pour évoquer des lieux, des sentiments romantiques. Comme une grande partie de la nouvelle saison de Ringer se passe à Paris, je leur ai proposé Melanie Pain“. Un autre de ses poulains a le vent en poupe : les Caennais de Kim Novak, que l’on pourra entendre bientôt dans des épisodes de CSI et sur MTV.

Si Benjamin Dumazot a eu le flair de se centrer sur la musique à l’image, c’est aussi parce qu’il connait bien les codes de la distribution de la musique française à l’étranger. “L’electro marche bien: depuis la french touch et Daft Punk, Justice, les Français ont une vraie crédibilité“, affirme-t-il. En revanche, en matière de pop/rock indé, “la concurrence est énorme. Et ce n’est pas parce que les groupes chantent en anglais que ça va marcher“. Bien sûr, les success stories à la Phoenix existent…mais elles sont plutôt rares. “A son échelle, Yelle a réussi à créer un petit buzz ici (…) Même connu en France, il faut tout reprendre depuis le début“.

Benjamin Dumazot, qui est aussi DJ, aimerait devenir la référence en terme de musique française aux Etats-Unis…et rêve d’un prochain coup de fil de grands studios hollywoodiens. A bon entendeur!

Site: www.mybestfrenchmusic.com