Le Beattle de la coiffure

L’un des films les plus en vue du dernier festival du film de Tribeca Film était…un documentaire de près de deux heures sur la coiffure. Ce succès tient tout d’abord à la vie de Vidal Sassoon. Une vie dans le siècle depuis son enfance dans un orphelinat dans le légendaire Petti Coat Lane, un ghetto juif de l’East End londonien jusqu’aux paillettes d’Hollywood et à sa consécration en tant que père de la coiffure moderne. «Je voulais libérer les cheveux du superflu», explique-t- il. Il est l’inventeur de la coupe bob, toute en arrondis et légèrement asymétrique.

Les années 1960 marquent le début de l’aventure américaine. «nous étions les Beattles de la coiffure», dit Vidal Sassoon à propos de l’époque où il arrive à New York, dans une scène du film. L’empire s’agrandit. “Il était le premier à ouvrir des académies, des salons et vendre des produits à cette échelle internationale», explique le producteur du film Michael Gordon.  «Paris était la capitale de la Coiffure. Vidal a transformé la scène parisienne en créant les franchises. Il a tracé la voie qui a permis l’émergence de coiffeurs comme Jacques Dessange et Frédéric Fekkai.» Le réalisateur Craig Teper précise :«Jusqu’à l’arrivée de Vidal, tout ce qui touchait à la coiffure était français.” Vidal a appris les techniques françaises. Ses formes géométriques étaient controversées. Alexandre de Paris l’a invité à Paris. Il lui a ainsi donné sa légitimité en France. Puis en 1965, Emanuel Ungaro, force vive du design moderne a demandé à Vidal d’inventer un nouveau style qui irait avec sa nouvelle collection : “de là est naît la coupe asymétrique. »

Il aura fallu trois ans pour donner jour au documentaire. La famille, les proches de Vidal apparaissent dans le documentaire. Le réalisateur a même réuni Vidal et sa muse, la styliste Mary Quant, l’inventrice de la mini-jupe et égérie du “Swinging London”.  Elle a toujours la même coupe de cheveux, inspirée de celle qu’il lui avait fait à l’époque.

A 82 ans. Vidal Sassoon se porte comme un charme. Le documentaire montre Vidal, la quatre-vingtaine glorieuse, faire des poses de yoga au bord de sa piscine. “Il pratique toujours le pilates, la natation. Cela fait partie intégrante de sa vie. Pour lui c’est comme de respirer.” Dans le film, il tape aussi le ballon sur le terrain du Chelsea Club. «Il est l’un des plus vieux supporters de l’équipe de Chelsea. Quand il est à Londres, il fait ses exercices dans leurs infrastructures. »