L’avion solaire Solar Impulse « sur la route des pionniers de l’aviation »

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Le site de Solar Impulse

C’est reparti pour un tour. Mercredi à l’aube, le Suisse André Borschberg, pilote de l’avion solaire Solar Impulse, est parti de Phoenix, dans l’Arizona, direction Dallas.

Le 3 mai dernier, c’est son co-équipier, Bertrand Piccard, qui avait décollé de la base aérienne de Moffett, près de San Francisco, pour la première étape de ce grand voyage. Le parcours doit conduire l’avion au Texas, à Saint-Louis (Missouri), Dulles (près de Washington D.C) et enfin, si tout se passe bien, à l’aéroport JFK de New York.

Révolutionner les mentalités

«Notre but premier n’est pas de révolutionner l’aviation, mais la manière de penser en termes d’énergie et de technologies propres, explique Bertrand Piccard. L’aviation conventionnelle ne pourra pas passer à zéro carburant tout de suite. Des étapes intermédiaires seront nécessaires, par exemple l’emploi de matériaux plus légers, des routes plus directes ou des approches d’aéroports en descente constante plutôt que par paliers ».

Le projet d’avion solaire n’est pas le premier de l’histoire, mais à ce jour, aucun de ses prédécesseurs avec un pilote à bord, n’a réussi à passer une nuit en vol. Il a été lancé en 2003 ans par le psychiatre et aéronaute Bertrand Piccard et André Borschberg, pilote et ingénieur. « L’idée m’est venue à la suite du succès du tour du monde en ballon que j’ai réalisé en 1999 avec l’aéronaute Brian Jones. Nous étions partis avec 3,7 tonnes de propane. A l’arrivée, il ne restait que 40 kg. C’est en prenant conscience que le manque de carburant aurait pu faire rater l’aventure que je me suis alors promis de refaire un tour du monde, mais cette fois sans utiliser d’énergie fossile », explique Piccard.

L’avion Solar Impulse dépend de 12.000 cellules photovoltaïques, capables de recharger une batterie au lithium de 400 kilos, nécessaire à l’alimentation des quatre moteurs électriques à hélice de 10 chevaux chacun. Cet engin monoplace a “l’envergure d’un Jumbo Jet (63,4 m), le poids d’une petite voiture (1600 kg) et la puissance moyenne d’un scooter“, précise Piccard.

Un tour du monde en 2015 

Les deux pilotes hélvètes n’en sont pas à leur premier coup d’essai. Solar Impulse a déjà été testé en France, en Europe et au Maroc. Mais l’Amérique comporte à leurs yeux une dimension particulière. « André et moi voulions traverser d’Ouest en Est, parce que c’est la route mythique des pionniers de l’aviation ! explique Piccard. Le but de Solar Impulse est également de promouvoir les clean tech auprès du monde politique et financier. New York et Washington était donc des passages obligés».

Un projet qui n’est pas sans risque: «Piloter un avion expérimental pendant près de 20 heures à haute altitude, sans cabine pressurisée et sans pouvoir changer de position est un vrai défi! ». Mais c’est «moins risqué que de continuer à vivre dans un monde qui consomme 1 million de tonnes de pétrole par heure, sans même compter le gaz et le charbon ! ». Si leur traversée de l’Amérique se passe bien, les deux aventuriers envisagent déjà un tour du monde … en 2015.

Crédit: Solar Impulse arrivant à Phoenix  © Solar Impulse | F. Merz

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