Laurent Lespagnol, le “Flying Frenchy” de la police de Dallas

Laurent Lespagnol

Si vous vous rendez au centre des opérations de la police de Dallas, ne demandez pas Laurent Lespagnol. On ne vous répondrait pas. Là-bas, tout le monde le connaît sous le nom de “Frenchy”. Officier de la police de Dallas depuis 2000, il y est pilote d’hélicoptère depuis 2007.

Passionné d’aviation et d’hélicoptères depuis son enfance, cet originaire de Paris arrive aux États Unis en 1990, à l’âge de 18 ans, pour suivre une formation de pilote pendant 6 mois à Grand Prairie, à l’ouest de Dallas. « Le but était juste de me former pour pouvoir voler en France. C’était meilleur marché aux US et cinq fois moins cher également de commencer par les avions pour passer sur les hélicoptères ensuite. » Six mois qui vont changer sa vie puisqu’il rencontre sa future femme. Il décide de rester avec l’espoir secret de pouvoir un jour intégrer la police.

Pendant dix ans, jusqu’à l’obtention de la nationalité américaine nécessaire pour intégrer les forces de police, il travaille, entre autres, comme gardien de prison ou pilote privé. C’est en 2000 qu’il est reçu au concours de la police qu’il intègre en tant qu’apprenti. Pendant sept ans il patrouille la nuit en voiture dans le sud de la ville, le quartier défavorisé, jusqu’à devenir “senior corporal”. Père de deux filles, il a toujours travaillé la nuit, de 8pm à 6am. « Ce n’est pas toujours évident, surtout pour la vie de famille, mais l’augmentation de salaire est substantielle. »

Ce n’est qu’en 2007 qu’une place de pilote d’hélicoptère se libère et qu’il accède à l’emploi de ses rêves : « J’avais deux passions quand j’étais petit, les hélicoptères et la police. J’ai eu la chance de pouvoir conjuguer les deux. Ce qui n’aurait pas été possible en France étant donné que la police nationale ne dispose pas d’hélicoptères. » Depuis bientôt douze ans, il patrouille la nuit dans le ciel de Dallas. Il assiste les forces au sol sur des fusillades, des cambriolages ou des poursuites « Grâce à une caméra infrarouge, on peut suivre des suspects à 2.000 pieds sans qu’ils ne s’en rendent compte. »

En plus de ses 40 heures hebdomadaires de service, il occupe deux ou trois emplois à temps partiel, en tant qu’agent de sécurité pour un centre commercial ou pour Apple notamment. « Je suis en uniforme et je fais la même chose que mon travail de flic, sauf que je suis payé par une société privée. La police de Dallas nous donne l’opportunité d’occuper d’autres fonctions. Ce qui est bénéfique pour tout le monde en fin de compte, même si cela serait inimaginable dans la police française. »

Laurent Lespagnol partira à la retraite en 2020 après 20 ans de service dans la police de Dallas. Il a écrit ses mémoires et recherche un éditeur.