L’ambitieux projet franco-américain The Bridge prend forme

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Le site de The Bridge

Un “contre la montre” symbolique entre le majestueux paquebot Queen Mary 2 et plusieurs catamarans géants entre Saint-Nazaire et New York: tel est le concept de The Bridge, une initiative qui vise à commémorer, à l’été 2017, le centenaire du premier débarquement américain en France et le siècle d’échanges franco-américains qui s’en est suivi.

Une délégation de responsables de ce projet ambitieux est à New York jusqu’au mardi 17 mai pour organiser l’arrivée des bateaux côté américain, alors que les préparatifs sont déjà bien avancés en France. Là, des festivités en tous genres (grande armada à Lorient des Marines nationales impliquées dans le conflit de 14-18, tournois de basket 3×3 dans tout le Grand Ouest et concerts de jazz à Nantes et ailleurs) doivent accompagner le départ des bateaux, le 25 juin 2017, sous le majestueux pont de Saint-Nazaire. Le paquebot – le plus grand au monde lors de sa première traversée en 2004 – et la demi-douzaine de multicoques participants doivent arriver à New York le 1er juillet, à temps pour la fête de l’Indépendance américaine, au terme d’une traversée du débarquement à rebours. “Il ne faut pas le voir comme une transat de plus ou une commémoration de plus, prévient Damien Grimont, le concepteur de l’événement, rencontré à New York. On veut se projeter dans l’avenir et réfléchir vraiment sur le monde des 100 prochaines années sur la base du siècle écoulé. 

Epaulé par Essar Gabriel, patron de la candidature de Paris aux JO 2012 et organisateur de grands événements sportifs, le Vannetais a eu l’idée de The Bridge “il y a plus deux ans et-demi” . Son objectif initial était de faire revenir le Queen Mary 2 à Saint-Nazaire, où il a vu le jour. La mise à l’eau de cet “objet industriel français” qui a fait “la fierté de la région et du pays” avait été entachée par la mort de seize personnes, tuées dans une chute de passerelle.  “Il fallait trouver un évènement à la hauteur de ce retour et je suis tombé sur le centenaire du débarquement américain de 1917” , raconte Damien Grimont, qui était marin (il a participé à la Route du Rhum notamment) avant de lancer sa société d’événements nautiques Profil Grand Large et son entreprise de ports souterrains BlueRingDeux millions d’Américains ont participé à ce débarquement peu connu, qui doit être l’un des plus grands de l’Histoire. Je me suis dit qu’il y avait quelque chose de fort à faire là-dessus” .

Monter un tel projet n’est pas chose aisée, surtout pour une société composée de trois employés comme Profil Grand Large, mais Damien Grimont se dit “surpris” par l’ampleur qu’il a pris en France. Il est parrainé par la ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian et le basketteur Tony Parker aux Etats-Unis, et bénéficie du soutien financier de plusieurs entreprises et collectivités. Pour le mener à bien, il a fallu “détourner” le Queen Mary 2 pour qu’il se rende de Southampton à Saint-Nazaire et “l’affréter entièrement” . Pour remplir le navire de plus de 2.600 places et financer la location, signée vendredi, les organisateurs de The Bridge veulent monter une grande conférence à bord le temps de la traversée. Le thème: “l’entreprise de demain” . Un “séminaire du centenaire” qui doit rassembler des petites et grandes entreprises françaises et américaines, mais aussi des intellectuels, économistes, historiens et des artistes qui retraceront cent ans d’échanges culturels entre la France et les Etats-Unis et feront des concerts de jazz. “Le paquebot est déjà à moitié plein” , glisse le Français qui veut à présenter y attirer des entreprises américaines.

A New York, “d’où sont partis la plupart des militaires américains” en 1917, les préparatifs n’en sont qu’à leurs balbutiements. “On ne pourra pas faire 36.000 choses” prévient d’emblée Damien Grimont. En plus de rencontres B2B, les organisateurs réfléchissent à monter un évènement public le samedi 1er juillet autour de la musique et du basket. “Peut-être un grand concert ou un match symbolique de basket à trois entre la France et les Etats-Unis” glisse Damien Grimont, qui évoque aussi un évènement autour de la Statue de la Liberté ou la venue des “6-8” catamarans participants dans des marinas associées à l’embarquement de 1917. Des contacts ont d’ores-et-déjà été pris avec l’ancien maire de la ville Michael Bloomberg et l’actuel Bill de Blasio. “Tout est ouvert. On cherche des mécènes américains. On rêve que les Américains nous aident à fabriquer l’événement. Pour un pont, il faut deux piliers.”

Le projet ne va pas sans rappeler celui de l’Hermione en 2015, cette réplique du navire de La Fayette qui avait traversé l’Atlantique pour marquer l’amitié entre la France et les Etats-Unis. Les financements pour ce projet franco-américain avaient été plus difficiles à trouver aux Etats-Unis qu’en France, où un véritable engouement populaire avait porté l’initiative. Conscient que l’évènement se déroulera pendant le week-end lent du 4 juillet et que la mémoire de la Première guerre mondiale est “occultée aux US par la deuxième” , Damien Grimont voudrait apporter dans ses valises “un cadeau” qui “à lui tout seul pourrait être suffisamment fort pour réveiller tout New York. Mais je n’en dirai pas plus.” Une nouvelle Statue de la Liberté ? “Tout est ouvert. Une réflexion est en cours” . Et quant à savoir qui du Queen Mary 2 ou des catamarans arrivera en premier aux Etats-Unis, ce n’est pas forcément couru d’avance. “Ils vont à peu près à la même vitesse. 

 

 

 

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