News-o-Matic, la start up qui veut intéresser les enfants américains à l’actu

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La conférence de rédaction a livré son verdict: le bébé guéri du Sida, l’arrimage de Space X à la station spatiale, mais aussi le panier de basket spectaculaire qui a fait vibrer YouTube seront parmi les cinq articles du jour, livrés à 3:30 pm aux abonnés de News-o-matic.

Depuis quelques semaines, les journalistes spécialisés réunis par Marc-Henri Magdalenat et la co-fondatrice Lillian Holtzclaw Stern, sortent chaque jour un quotidien destiné aux 7-10 ans.

L’idée d’un quotidien destiné aux enfants n’est pas étrangère aux familles françaises, grâce au succès du Petit Quotidien des éditions Playbac. Mais rien de tel n’existait aux Etats-Unis jusqu’à présent, les tentatives d’implantation américaine du groupe n’ayant guère pris. “Le marché américain n’était pas prêt, analyse Marc-Henri Magdalenat, cela a changé ces toutes dernières années”. Et de citer les programmes scolaires qui demandaient jusqu’à peu que les enfants lisent 80% d’œuvres de fiction. “Maintenant, c’est 50% de fiction et 50% de “non fiction”, signe que les Américains s’ouvrent de plus en plus sur l’extérieur, et veulent des enfants plus ouverts sur le monde”.

Lui-même papa, Marc-Henri Magdalenat est aussi et surtout un expert des technologies mobiles. Il fut l’un des trois co-fondateurs de Screentonic, pionnière de la publicité sur mobile en France, fondée en 2001 et revendue à Microsoft en 2007. Il vit depuis sa vie de “serial entrepreneur” à New York, et a vu l’arrivée de l’Ipad comme une nouvelle opportunité.

Le concept de l’application est idéale pour ce public d’enfants, dit l’entrepreneur. C’est fermé, totalement sûr, pas de risque de “mauvaise  rencontre” on-line. C’est évidemment crucial pour les parents”. L’échec Daily de Rupert Murdoch, un quotidien exclusivement pour tablettes lancé à grand renfort de publicité il y a deux ans mais qui a fermé en décembre dernier, ne lui fait pas peur. “Sur News-o-matic, les enfants peuvent voir des vidéos, mais sans être sur YouTube. Ils peuvent envoyer des messages à la rédaction, communiquer avec nous, mais sans les risques des media sociaux”.

Les deux fondateurs, qui peaufinent leur projet depuis une bonne année, passent beaucoup de temps à rassurer les parents de leurs futurs clients en culotte courte. Parmi les sept permanents de la jeune entreprise figure une psychologue, qui relit tous les articles. “Lorsqu’il y a eu la fusillade de Newtown, par exemple, nous avons beaucoup travaillé avec elle. Elle nous a donné deux recommandations essentielles: ne pas cacher l’histoire, car les enfants savent de toute façon; et les rassurer, leur expliquer pourquoi ils sont en sécurité, pourquoi ils peuvent parler de leurs inquiétudes avec les adultes”. 

Les parents paieront l’abonnement (1,99$ par numéro, 6,99$ par semaine ou 49,99$ par an), mais ce sont les enfants qui liront, ou pas, le quotidien chaque jour. “Le but est de les faire lire, et pour cela nous utilisons ce qui marche: les jeux, l’interactivité, la vidéo”. Les enfants peuvent aussi dessiner sur l’écran, et envoyer leurs dessins à la rédaction qui en sélectionne un chaque jour pour publication.

Mais c’est avant tout dans les écoles que se gagnera le pari de News-o-Matic. Les enseignants peuvent, gratuitement, s’inscrire en ligne pour recevoir le contenu du jour dans leur boîte e-mail, et l’utiliser en classe autant qu’ils le souhaitent. “Si eux sont convaincus de l’utilité du news quotidien pour les enfants, on aura gagné!”.

 

 

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