La mort de Clément Méric inquiète la presse américaine

(Revue de presse) Il était âgé de 18 ans, étudiant à Sciences Po et militant anti-fasciste. La mort de Clément Méric, au cours d’une altercation avec des membres du groupuscule d’extrême droite la Troisième Voie, a ému la France. Et n’est pas passée inaperçue aux Etats-Unis.

« La mort de Clément Méric (…) a ravivé les inquiétudes sur la montée des groupes d’extrême droite en France et en Europe », raconte le site de Fox News, qui remarque que de tels groupuscules ont « attiré l’attention dans de nombreux pays » du Vieux Continent. « Les groupes militants d’extrême droite sont devenus de plus en plus visibles en France, et le gouvernement a annoncé après la mort de Méric qu’il voulait les interdire ». Même constat dans les colonnes du Washington Post : « Depuis des années, ils opéraient dans l’ombre mais les groupes militants d’extrême droite sont devenus de plus en plus visibles en France ». Alors que le gouvernement a décidé de dissoudre les Jeunesses nationalistes révolutionnaires, sorte de service d’ordre de la Troisième Voie, le quotidien qualifie cette décision de « tâche difficile, compliquée par la nature tentaculaire de la droite dure ». « Les mouvements sont subdivisés en sous-groupes. Cela aide à éviter les dissolutions par le gouvernement », explique Nicolas Lebourg, un expert de l’extrême droite de l’Université de Perpignan, cité dans le journal.

Ce dernier rappelle que les mouvements fascistes ont une longue histoire en France. « L’extrême droite – à la droite du Front national – était puissante en France et (composée) de véritables milices armées dans les années 1930. Des groupuscules d’extrémistes de droite étaient connus pour leur violence il y a deux décennies. Ces groupes ont tout sauf disparu du paysage français jusqu’à ce que le Front national entame une purge des extrémistes en voulant changer son image sous Marine Le Pen afin d’apparaître plus acceptable pour les électeurs », conclut le quotidien.

François Hollande reçoit le Prix pour la paix

La remise du Prix pour la paix de l’Unesco à François Hollande le 5 juin n’est pas passée inaperçue dans les médias américains. « Félicité pour son rôle de chef de guerre au Mali, le président François Hollande a été récompensé du Prix des Nations-Unies pour la paix  (…) quelques mois après avoir lancé sa première guerre contre les extrémistes islamistes », raconte le site d’ABC News. Mais la chaîne doute de la justification d’un tel prix : « La violence continue au Nord du Mali, les attaques terroristes au Niger et les escadrilles extrémistes en Libye soulignent le défi (de pacifier le pays) ».

« La  guerre au Mali de Hollande n’est pas sans critiques », avance pour sa part le Huffington Post. « Tout d’abord, Hollande n’a pas imposé la paix au Mali, le déploiement massif de forces armées était une mauvaise réponse au véritable problème », explique Odile Tobner de l’organisation « Survie », qui se bat contre le néocolonialisme. « Hollande a promis de mettre fin à la Françafrique, rappelle le site, (…) mais (Odile Tobner) ne pense pas que les relations entre la France et les dirigeants africains aient changé ».

Marseille, capitale du crime et de la culture

Marseille suscite également l’intérêt des médias américains. Le Washington Post s’intéresse à l’ouverture du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, qui  « relooke l’image criminelle de Marseille », capitale européenne de la culture 2013.  « Le musée (…) espère pouvoir débarrasser la métropole de sa réputation de ville la plus meurtrière de France par un relooking culturel drastique ». Le quotidien dresse un portrait peu flatteur de Marseille. «  Quatre décennies de pauvreté généralisée ont permis la montée de la mafia, incluant la pègre de la drogue, de la prostitution et des jeux d’argent ». La Cité phocéenne est décrite  comme « l’une des villes les plus meurtrières d’Europe ». Allons tous au musée !

Tsonga n’est pas Noah

Une note sportive pour terminer cette revue de presse. Le New York Times a consacré cette semaine un article à Jo-Wilfried Tsonga avant sa défaite en demi-finale face à David Ferrer. « Tsonga n’est pas Noah malgré les espoirs français », titre le quotidien, qui s’amuse de l’attitude des Français. « Le désir français de comparer Jo-Wilfried Tsonga à Yannick Noah n’est pas nouveau ».

« Cela a vraiment commencé il y a cinq ans, lorsque Tsonga, plein de panache et d’énergie positive, a atteint sa première finale de grand chelem lors de l’Open d’Australie en janvier 2008. Comme Noah, Tsonga était exubérant, séduisant et cool. Comme Noah, Tsonga était un mélange intriguant entre une voix de velours hors du court, et un charisme indéniable sur le court ».

Le quotidien énumère les points communs entre les deux joueurs. Jusqu’à leurs origines : le père de Yannick Noah était camerounais et celui de Jo-Wilfried Tsonga était congolais. Mais le New York Times finit par rappeler que « le dernier français à avoir joué une finale à Roland Garros était Henri Leconte en 1988 » et que celui qui s’en est depuis le plus rapproché était « Gaël Monfils, le bon ami de Tsonga qui a perdu en demi-finale contre Federer en 2008 ». On sera tous derrière Tsonga en 2014.