La Géorgie, nouvelle terre promise du bilinguisme

Avec l’ouverture d’une école publique en « dual immersion » chaque année depuis cinq ans, toutes langues confondues, le bilinguisme a le vent en poupe en Géorgie.

« Il y a un total de 14 écoles en immersion linguistique en Géorgie (…). La demande des parents est telle que de nombreuses écoles ouvriront dans le futur », assure Greg Barfield, spécialiste du programme au Département de l’Education de Géorgie dans le rapport de l’Ambassade de France sur les programmes bilingues.

Nouvelle école à charte

C’est à Alpharetta, petite ville au nord d’Atlanta, qu’ouvrira, en août 2015, l’International Charter School of Atlanta (ICS Atlanta), dernière école en date. Du Kindergarten au 4th grade, elle offre un programme d’immersion en français (mais également en espagnol, en mandarin et en allemand). Les inscriptions sont d’ores et déjà bouclées et les listes d’attente extrêmement longues.

Comme cela a été le cas pour bon nombre d’écoles publiques en immersion en Géorgie, « l’ICS Atlanta a été créée suite à l’initiative d’un groupe de parents convaincus et de professeurs. Il y avait un manque manifeste de possibilités d’immersion linguistique dans la région notamment en français », explique Séverine Plesnarski, responsable de la section francophone à l’ICS Atlanta.

« Il y a clairement un souhait de la part des autorités politiques de développer ce type de modèle bilingue en Géorgie. Nous soutenons intensivement cette initiative, et défendons le choix du français parmi les autres langues », commente Alexandre Durand, attaché de coopération et d’action culturelle au Consulat de France d’Atlanta.

Géorgie et Utah, même combat

Le panorama de l’immersion en Géorgie a de nombreuses similitudes avec l’Utah, modèle précurseur de l’immersion linguistique.

Aujourd’hui, en Utah, 25.000 élèves se rendent dans 118 écoles en immersion linguistique (63 en espagnol, 33 en chinois, 14 en français, 6 en portugais, 2 en allemand). Ce résultat est le fruit d’une loi votée en 2008 par le Sénat de l’Utah (The International Initiatives – Bill 41). « Des moyens importants sont alloués à ces écoles. Pédagogiquement, nous travaillons au niveau de l’Etat de manière uniformisée et ce, peu importe la langue enseignée. A mon sens, c’est pour cela que cela fonctionne si bien », explique Kaye Murdock, responsable de la section française au Département de l’Education de l’Utah.

« L’une de nos particularités, efficace, expérimentée et confirmée par les dernières recherches, consiste à immerger les enfants dans une langue la matinée et dans une autre l’après-midi ».

Manque de financement et de professeurs

En Géorgie, « la volonté politique est là mais ce qui nous manque, c’est le financement car il va devenir nécessaire de créer, dans le cursus scolaire secondaire, des cours avancés appropriés aux élèves en immersion et réaménager l’infrastructure scolaire existante» explique Stéphane Allagnon, président de l’American Association of Teacher of French (AATF) en Géorgie.

Pour les écoles publiques et privées de Géorgie proposant l’immersion en français, d’autres défis seront également à relever comme le manque de professeurs ou la capitalisation officielle dans le secondaire des crédits acquis dans le système immersif primaire.

« L’une de nos plus grandes difficultés est de trouver des professeurs », confirme Soraya Roudchi, directrice de la Little Da Vinci School, une école internationale d’Atlanta. Le programme « Jules Verne » de mobilité des enseignants liant l’Utah à des Académies françaises pourrait être une piste à étudier « pour autant que les visas J1 attribués aux enseignants étrangers puissent être accordés en plus grand nombre en Géorgie », précise Alexandre Durand, du consulat.