La France vote à gauche et prend du poids

Cette semaine, la presse américaine s’intéresse à notre actu riche en politique. Les Français de France ont voté pour le premier tour des législatives, dimanche dernier, donnant au PS une longueur d’avance (29,35 %) sur l’UMP (27,12 %). Mais attention, 40 % de nos concitoyens ne se sont pas rendus aux urnes. Ce fort taux d’abstention n’a rien d’étonnant pour le Christian Science Monitor : « Ni le public, ni les médias n’ont montré beaucoup d’enthousiasme pendant cette campagne ». Pour tester l’ambiance, le site d’information s’est baladé dans les rues de Paris avant le scrutin. Il a rencontré plusieurs de nos compatriotes qui « ne savaient toujours pas pour qui ils allaient voter ». L’élection législative n’attire jamais les foules aux urnes, mais le Christian Science Monitor a une autre hypothèse: la motivation des Français « est en berne à la suite d’une année d’intenses spéculations politiques qui ont suivi le scandale sexuel de juin dernier, et qui ont sorti Dominique Strauss-Kahn du jeu politique». A croire que le journal a oublié la forte participation à l’élection présidentielle, il y a tout juste un mois. Quant à ceux qui ont voté, pas de doute pour le Washington Post, ils sont en majorité de gauche. « Les socialistes et leurs alliés devraient remporter facilement la majorité à l’Assemblée nationale », avance le quotidien, au lendemain des premiers résultats. Attention tout de même, le second tour « pourrait réserver quelques surprises », affirme le journal. Selon lui, le scrutin se jouera sur l’étiquette politique mais aussi « la personnalité des candidats et d’autres facteurs locaux », parlant de « disparités régionales importantes » en France, où ce mandat national prend parfois des allures de guerre de clochers.

La législative en Amérique du Nord amuse le Times

En Amérique du Nord aussi, on vote pour la législative. Une nouveauté pour les expatriés français qui amuse le New York Times. Le quotidien raconte des morceaux de cette campagne tricolore en Amérique: les candidats et futurs électeurs réunis « pour boire du vin rouge dans un bistro à la déco provençale », une scène « très française » relevée au début de la campagne. Ou encore « des Français et des Françaises dans un parc de Brooklyn sous des ballons bleu-blanc-rouge; une salle de spectacle dilapidée à Greenwich Village; dans un pub irlandais, essayant de manger des ailes de poulet Buffalo avec des fourchettes et des couteaux ». La journaliste Emily Brennan a notamment suivi la candidate PS Corinne Narassiguin en séance de porte-à-porte, cette technique bien américaine qui a fait son apparition sur la scène française avec la campagne de François Hollande à la présidentielle. Le terrain de chasse de Mme Narassiguin : Brooklyn, le seul quartier de New York à avoir voté en majorité pour Hollande. Le New York Times lui a demandé s’il était possible de la croiser dans l’Upper East Side, décrit comme un nid de Français, « où la majorité travaille dans la finance », et qui vote traditionnellement à droite. « Aucune chance », leur a répondu la candidate avec un sourire entendu. Mais le journal lui donne toutes ses chances pour le second tour face au candidat de l’UMP, Frédéric Lefebvre. Selon le Times, elle bénéficie de « l’élan de la victoire de Hollande », et de son avantage d’expatriée de longue date comparé à Lefebvre « qui n’a pas habité en Amérique du Nord depuis qu’il a appris à marcher ».

La retraite à 60 ans? Mauvaise idée…

L’enjeu de ces législatives, à l’étranger comme en France, est de doter la France d’un gouvernement, qui permettra, ou non, à François Hollande de mener les reformes qu’il a voulues. Parmi elles, le rétablissement partiel de la retraite à 60 ans en novembre prochain. Mauvaise idée, selon le Wall Street Journal. Le quotidien critique un « retour en arrière »« Sarkozy s’était battu contre l’armée habituelle de syndicats et d’agitateurs de gauche en France pour repousser l’âge du départ à la retraite en 2010. Les perspectives budgétaires du pays avaient bénéficié de cet effort », regrette le quotidien. Le Wall Street Journal en profite pour faire une leçon d’économie au nouveau président français, affirmant qu’avec l’allongement de la durée de vie, il est impossible que les retraités vivent 20 ans ou plus sur l’argent des autres. Cette décision va « à l’encontre de la tendance internationale », souligne l’Associated Press, repris par Fox News. Seul son de cloche différent: Pour le Christian Science Monitor, ce retour de la retraite à 60 ans pour les individus qui ont travaillé dès l’âge de 18 ans, et l’autorisation pour les femmes de compter leurs mois de grossesse, représente un avantage politique pour Hollande. Ce n’est qu’un « avertissement » lancé à la droite, juge le site, avant « le coup de grâce » bientôt porté à l’ancienne majorité présidentielle.

Les Américains qui font maigrir les Françaises

Pour ne pas prendre de kilos dans une France de plus en plus oisive, mieux vaut suivre les conseils de Jenny Craig, une société américaine de régime partie à la conquête de la France. Cette croisade pour faire maigrir les Français est relatée dans le New York TimesCar « les Françaises, elles aussi, ont peur de grossir ». Le mythe selon lequel nous sommes des êtres imperméables à la prise de poids serait-il sur le point de s’effondrer ? Jenny Craig fait en tout cas recette en France, avec plus de 4 000 membres, raconte le Times. En 1997, le taux d’obésité dans l’Hexagone s’élevait à 8,5 %, il atteint aujourd’hui plus de 14%. On est encore loin des 35 % des Etats-Unis, mais tout de même. Jenny Craig s’implante, mais en s’adaptant à ce nouveau public pour le moins exigeant. « Les menus paraissent plus adultes et sophistiqués que les versions américaines où de nombreux plats semblent avoir été choisis pour réveiller des souvenirs d’enfance ». Jenny Craig s’attache à respecter la tradition culinaire française et à s’adapter aux habitudes de repas. Valérie Bignon, directrice de Nestlé (propriétaire de Jenny Craig) en France, défend un « modèle français »« un modèle très social, à l’opposé de l’approche très individualiste des Américains ». Manger américain d’accord, mais nous faire sortir de table, pas question.