La France et ses encombrants anciens amis

« La France prudente dans son implication avec la crise tunisienne », note le New York Times. Ce n’est que samedi, rappelle le quotidien, que la France a clairement refusé l’hospitalité à la famille de l’ancien président tunisien Zine El Abidine Ben Ali. Avec quelques 22 000 citoyens français en Tunisie et environ 700 000 Tunisiens vivants en France, Paris devrait être prudente dans ses faits et gestes, ajoute le quotidien américain. Les déclarations de la ministre des Affaires étrangères, Michèle Aliot-Marie, qui a proposé en milieu de semaine dernière d’aider Tunis dans le maintien de l’ordre, ont été vivement critiquées au parlement, et mal perçus par la presse américaine. Résultat, ajoute le NYT, la France essaie maintenant de ramasser les morceaux dans un pays où elle a des attaches économiques, personnelles et historiques bien ancrées.

« Duvalier fait un retour surprise à Haïti », titre Voice of America. Clarens Renois, journaliste haïtien et correspondant pour le média américain VOA.com, était présent à l’aéroport de Port-au-Prince à Haïti, pour le retour au pays de « Bébé Doc », qui a longtemps vécu en exil sur la Côte d’Azur. La presse US se demande dans quelle mesure l’ancien président « à vie » de 59 ans, qui paraît « âgé » et « malade », compte participer à la reconstruction d’Haïti.

Pour le Chicago Tribune, les raisons du retour de Duvalier, vingt-cinq ans après avoir été renversé, ne sont pas claires, et bien que ce dernier déclare « vouloir aider le peuple haïtien », il pourrait compliquer une situation politique déjà chaotique, à la suite d’élections entachées de fraude à la fin novembre. Un point de vue partagé par Clarens Renois. Une chose est sûre, dit-il : l’ancien dictateur est un « nouvel élément » dans le climat politique. Il est « évident », affirme le journaliste, que sa présence va influencer le jeu politique. Pour le New York Times, la réapparition soudaine de Devalier menace de secouer un pays qui tente de se remettre d’un tremblement de terre dévastateur et d’une épidémie de choléra persistante.

Si Haïti voit réapparaître un tyran sanguinaire qui a pillé son pays et son peuple, l’un des hommes politiques « les plus controversés de France », indique l’agence de presse américaine United Press International (UPI), passe le flambeau à sa fille, Marine, 42 ans, « télégénique et qui s’exprime bien », souligne le NY Times.

Jean-Marie Le Pen, « condamné pour avoir minimisé l’Holocauste », rappelle le Washington Post, lâche les rênes du Front national qu’il dirigeait et incarnait depuis près de 40 ans. La nouvelle présidente du parti d’extrême droite, élue avec deux tiers des voix, affirmait, dans un congrès FN après avoir remporté la présidence, que l’état « doit se lancer dans le patriotisme économique et social sans scrupules », rapporte le Washington Post. Un nouveau message populiste, pour un parti qui « tente de rajeunir son discours, en prévision des prochaines élections présidentielles » (Washington Post).

Le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel sont eux toujours présents sur la scène européenne et internationale. Le chef du bureau parisien du New York Times, Steven Erlanger, dresse un portrait du « drôle de couple » au centre de ce que Paul Krugman, dans son analyse intitulée « L’Europe peut-elle être sauvée », pour le Magazine du NYT, appelle « l’euro pagaille ». « En privé, elle se moque de sa démarche et de la manière dont il parle, de ses gestes rapides et saccadés et ses grimaces. Il se gausse de sa mesure, de sa réticence et de sa prudence de mère de famille… Ils représentent le meilleur espoir qu’a l’Europe de rester unie. Mais ils ne s’apprécient pas du tout ». Mais pour que l’Europe fonctionne, « Sarkozy et Merkel doivent s’entendre » (NYT).