La droite locale pointe “l’échec personnel” de Frédéric Lefebvre

“Ce n’est pas une défaite de la droite, ni même de l’UMP, c’est celle de Frédéric Lefebvre”. D’emblée, ce militant UMP de New York montre du doigt “le parachutage”. Dès samedi soir, le très mauvais report de voix de droite qui apparaissait dans le vote à l’urne a scellé le sort de Frédéric Lefebvre. “On s’attendait à une élection serrée après ce qu’avait été le deuxième tour, mais pas à être 8 points derrière!”

A New York, le désaveu est particulièrement évident: là où Nicolas Sarkozy avait remporté 61% des voix en mai, Frédéric Lefebvre dépasse de justesse les 52%. Sans doute pas par hasard, c’est ici que plusieurs des candidats “divers droite” du premier tour avaient leur base. “Des dizaines de mes électeurs m’ont dit qu’ils ne voteraient pas pour Frédéric Lefebvre, cela s’est vu dans les urnes, assure Antoine Treuille, candidat au premier tour.

Antoine Treuille avait appelé à voter pour Frédéric Lefebvre au deuxième tour, ce qui ne l’empêche pas d’être particulièrement sévère avec lui. “Ce que les électeurs ont rejeté, c’est une certaine image de la France, arrogante, qui était incarnée par M. Lefebvre, assure M. Treuille. Beaucoup des électeurs ici sont “américanisés” en ce qu’ils ne se reconnaissent plus dans cette France des partis, des décisions venues d’en haut. M. Lefebvre a ignoré cette réalité, il a ignoré le terrain. Une campagne basée sur la démagogie ne pouvait marcher!”.

Autre candidat de droite du premier tour, Emile Servan-Schreiber, qui avait lui aussi appelé à voter pour Frédéric Lefebvre au premier tour, estime que “c’est l’UMP qui est le vrai coupable, qui n’a pas compris le désir des électeurs d’être représentés par un des leurs”. Julien Balkany retient lui le score inversé par rapport à la présidentielle: “c’est bien la preuve que sa désignation par l’UMP était une erreur de casting. Les électeurs qui avaient voté à droite il y a un mois ont rejeté le candidat, pas le parti qu’il représentait. C’est M. Lefebvre et lui seul qui a perdu cette élection”.

Tous ces candidats, ex adversaires de Frédéric Lefebvre, n’imaginent pas de le voir persévérer dans sa tentative d’implantation. Et tous disent leur intention de participer à “la reconstruction de la droite en Amérique du Nord”. “Cette élection est une remise en cause du leadership de l’UMP à la fois en France et en Amérique du Nord, dit Antoine Treuille qui annonce son intention de s’impliquer dans l’UMP locale, sans donner de détail sur la forme de cette implication.

Non membre de l’UMP, Julien Balkany affirme lui aussi qu’il “est engagé ici pour de bon” et annonce qu’il “organisera une opposition constructive à la députée socialiste”. 

(M. Lefebvre n’a pas donné suite à nos demandes d’interview suite à cette élection).