La Californie se prépare, mais Nice attend son heure

Les Jeux Olympiques d’hiver de 2022 attisent les convoitises. Les déclarations de candidatures de l’Ukraine, de la Norvège, du Colorado ou de l’Utah ne semblent pas décourager d’autres postulants. La preuve avec l’annonce commune, jeudi 5 avril, des gouvernements du Nevada et de Californie.

Les deux États américains ont en effet fait part de leur intention d’unir leurs efforts pour organiser les JO dans la région du Lac Tahoe. La station de ski de Squaw Valley, sur la rive californienne du lac – qui avait déjà accueilli les Jeux en 1960 – en serait le site unique. Son directeur, Andy Wirth, en préside d’ailleurs le comité.

“Cette candidature était dans nos esprits depuis plusieurs mois, a expliqué Gavin Newson, lieutenant-gouverneur de Californie. Après plusieurs études de faisabilité, de nombreuses rencontres avec les professionnels de la montagne, du tourisme, les entrepreneurs et les sportifs, il nous est apparu qu’il existait l’énergie et le potentiel nécessaires pour attirer les Jeux Olympiques. Et même si les événements pourraient se dérouler en territoire californien, le fait de recevoir le soutien du gouvernement du Nevada renforce notre conviction et nous galvanise.”

Reste que ce dossier se heurte à de nombreux obstacles. Le premier, et non des moindres, concerne les restrictions environnementales drastiques imposées, en matière de développement, à toutes les stations de ski californiennes. Squaw Valley (ci-dessus) devrait en effet rénover et étendre ses installations pour recevoir les athlètes et les compétitions, une éventualité à laquelle s’opposent les environnementalistes.

Deuxième obstacle : la multiplication des candidatures américaines. Denver (Colorado) a ainsi fait part de son intérêt, de même que Salt Lake City (Utah) qui avait déjà accueilli les Jeux d’hiver en 2002.

Enfin, l’association olympique américaine (USOC) se trouve actuellement en conflit avec le Comité International Olympique (CIO) sur la question de la répartition des bénéfices financiers (notamment les droits télévisés) dégagés par les compétitions d’hiver et d’été. Un nouveau partage des gains est en cours de négociation, mais les crispations entre les deux parties ont déjà coûté à New York l’organisation des JO de 2012, puis ceux de 2016 à Chicago .

Nice dans les starting blocks

Quoi qu’il en soit, la prochaine étape pour le ticket Californie-Nevada sera la désignation par l’association olympique américaine du dossier qu’elle soutiendra pour l’organisation des Jeux d’hiver de 2022. Décision qui interviendra en 2013. Si la station de Squaw Valley est retenue, les gouvernements de Californie et du Nevada devront mettre la main au porte-monnaie. Pour mémoire, Vancouver avait investi 1,3 milliard de dollars pour les derniers JO d’hiver, pour des retombées touristiques et médiatiques estimées à environ 2,5 fois cette somme.

A noter que la ville de Nice pourrait aussi entrer dans la danse au cours des mois à venir. Le député-maire (UMP) Christian Estrosi a en effet manifesté son envie de déposer un dossier de candidature, afin de faire passer la pilule de la perte des JO d’été de 2018. Selon l’élu niçois, sa ville présente “exactement la même configuration que Vancouver” et pourrait donc tenter sa chance, à condition que  “le comité olympique français décide de présenter une candidature française”. Le CIO dévoilera la candidature gagnante en 2015.