La “Bretagne Tech” s’affiche à New York

Paris a de belles start-ups, mais la Bretagne aussi. Trois jeunes pousses bretonnes ont participé jeudi à une soirée de pitches organisée par l’accélérateur international Venture Out NY, aux côtés d’onze start-ups italiennes. Leur nom: B.Sensory (fabricant du sex-toy connecté Little Bird), Klaxoon (solution pour rendre les formations plus interactives) et NDMAC Systems (bars connectés autonomes).

On a fait un très beau CES (Consumer Electronics Show, ndr) à Las Vegas, où nous avons gagné un Innovation Award. On voulait revenir aux Etats-Unis pour rester dans une logique internationale, prendre le temps de rencontrer des avocats, apprendre à faire une levée de fonds, s’informer sur les visas. C’est un processus qui se prépare en amont. Nous ne voulons pas venir aux Etats-Unis avant 2017” , explique Christel Le Coq, fondatrice de B.Sensory.

Les trois start-ups ont été sélectionnées par un jury de professionnels de la tech bretons et américains au terme d’un concours organisé par l’association bretonne-américaine Breizh Amerika. “En Bretagne, je rencontrais souvent des entrepreneurs qui me disaient qu’ils voulaient venir aux Etats-Unis, mais qu’ils n’avaient pas de contacts à Paris. Je leur répondais: pour faire du business aux Etats-Unis, pas besoin de connaître quelqu’un à Paris. Il faut avoir un contact à New York, comme moi, explique Charles Kergaravat, le fondateur américain d’origine bretonne de Breizh America. On nous disait que personne ne participerait au concours. Mais en six semaines, on a eu 46 dossiers. Des super dossiers.

A New York, VentureOut leur a monté une série de rendez-vous avec des VCs et des ateliers thématiques destinés à faciliter leur éventuelle traversée de l’Atlantique. “Il y a beaucoup d’entreprises françaises qui viennent aux Etats-Unis, mais qui restent entre Français. Ici, ils sont dans un environnement américain, où ils peuvent pratiquer leur anglais” , poursuit Charles Kergaravat, qui regrette que les start ups bretonnes soient sous-représentées dans les programmes d’accélération ciblant la French Tech.

Dans le trio breton, certains entrepreneurs ont déjà un pied aux Etats-Unis. NDMAC Systems, la société de Pluguffan (Finistère), a déjà installé un de ses bars connectés, où chaque client peut se servir une mousse à l’aide d’un bracelet électronique, dans le Milwaukee.

Klaxoon, qui peut aussi s’enorgueillir d’avoir décroché un Innovation Award au CES de Las Vegas en janvier, a profité de son passage à New York pour former trois nouveaux clients à son outil destiné à rendre plus stimulantes les réunions et les formations en entreprise. “Il y a 500.000 utilisateurs de Powerpoint. On pense qu’on peut faire mieux, souligne Matthieu Beucher, fondateur de la société qui dispose d’une équipe de trente personnes à Rennes. Les Etats-Unis ont un écho particulier pour nous. C’est un pays extraordinaire pour changer les méthodes de travail.