La BD pour comprendre la crise syrienne à l’ONU

Infos pratiques

 

Le N°3 de La revue dessinée est disponible en librairie en France, 225 pages, 15 euros.

Ou sur Ipad pour 3,50 euros.

Pour un journaliste couvrant l’ONU, l’impuissance devant le désastre d’abord annoncé puis constaté de la guerre en Syrie a forcément quelque chose de desespérant. Que dire de nouveau quand trois ans après le début du conflit les morts s’ajoutent aux morts sans espoir d’une quelconque solution diplomatique?

Le dire autrement, peut-être. Et le dire en dessins: c’est ce qu’a fait Karim Lebhour, correspondant de RFI au siège de l’ONU à New York, qui vient de publier avec les dessinateurs James et Thierry Martin, un “reportage dessiné”, Le véto de l’ONU.

Dans le dernier numéro de La Revue dessinée, publication spécialisée, le journaliste raconte trois ans de crise vus depuis les coulisses de l’ONU qu’il connait bien puisqu’il la couvre pour la radio française. “Tout ce qui est intéressant à l’ONU se passe dans les couloirs, dans les réunions à huis clos, les tête-à-tête, explique le reporter. Le reportage dessiné est une bonne façon de raconter cela de manière réaliste”.

Pour ce faire, La Revue dessinée a mis deux dessinateurs sur le coup, avec deux styles très contrastés. A James, habitué du dessin d’actualité, les planches sur les coulisses de l’ONU; à Thierry Martin (connu notamment pour ses illustrations de livres jeunesse, tel le Roman de Renart), les dessins sur la situation sur le terrain. L’alternance des deux styles accroit le sentiment de décalage entre les vaines manoeuvres diplomatiques et le désastre humanitaire sur le terrain.

Pourtant, Karim Lebhour, qui passe ses journées à suivre les méandres des négociations internationales à l’ONU, se défend d’avoir voulu accuser les diplomates. “Au contraire, nous montrons dans la BD qu’il se passe beaucoup de choses à l’ONU. Les diplomates essaient réllement de faire avancer les dossiers, pour la plupart ils croient à ce qu’ils font, mais ils ne peuvent rien si les protagonistes sur le terrain ne veulent pas la paix”.

Ambassadeur de France auprès de l’ONU, Gérard Araud figure en bonne place: “J’ai trouvé cela plutôt réaliste, dit-il. Surtout, c’est une excellente manière, pédagogique, d’attirer l’attention sur le conflit”. Son homologue syrien a lui refusé de commenter: “Ce n’est pas un traitement approprié à la crise que vit mon pays”. Ce après quoi l’ambassadeur syrien est retourné à la tribune assurer que les seuls reponsables du conflit “sont les terroristes”.

 

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Le N°3 de La revue dessinée est disponible en librairie en France, 225 pages, 15 euros.

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