Klaxoon lève 50 millions de dollars pour faire “la révolution des réunions”

« On passe 16 ans de sa vie en réunion, assure Matthieu Beucher, fondateur de la start-up Klaxoon. Mais on voit que 70% du temps, on n’écoute pas ce qui est dit, on ne prend pas de décision et ça dure en moyenne 1h30 », poursuit l’entrepreneur.

C’est à partir de ce constat qu’il a créé Klaxoon en 2014 pour dépoussiérer les réunions d’entreprise. La start-up basée à Rennes a ouvert des bureaux à New York il y a un an et vient de lever 50 millions de dollars auprès d’ID Invest, de BPI et de Sofiouest, pour accélérer son développement aux Etats-Unis.

Le but de la start-up, et non des moindres : créer une « révolution de la réunion », résume Matthieu Beucher. Powerpoint, présentations interminables, one-man show d’un collègue un peu trop zélé… « On passe beaucoup de temps en réunion mais on constate que l’échange n’est pas vraiment réel », observe le fondateur, avant d’ajouter que les méthodes de présentation n’ont pas beaucoup évolué : « On en est encore à utiliser des outils des années 1980. »

Klaxoon propose donc à ses utilisateurs de se connecter en même temps sur une plateforme et de partager en temps réel des idées, de réagir et d’interpeller les autres participants, mais aussi d’échanger des outils plus originaux comme des quiz ou des sondages.

Les participants peuvent également suivre la réunion à distance et même en différé. Un avantage sur le marché des Etats-Unis, assure Matthieu Beucher. « Un Américain sur deux travaille au moins trois jours par semaine en télétravail et neuf réunions sur dix aux Etats-Unis se font avec au moins une personne absente », précise le Breton.

Grâce à cette nouvelle levée de fonds, « on va investir sur New York, parce qu’on voit une belle adhésion du marché américain », constate Matthieu Beucher, qui souhaite multiplier par dix d’ici deux ans son équipe de cinq personnes basée dans le quartier d’Union Square à Manhattan, sur un total de 150 salariés au sein de la jeune pousse.

Les Etats-Unis représentent pour l’heure près de 15% des quelque 1.500 organisations clientes et près d’un million d’utilisateurs que Klaxoon revendique. Sans compter que les Américains passent « 30 à 50% du temps de travail en réunion, à raison de 2 à 3 réunions par jour », affirme Matthieu Beucher.

Pour loger ses nouvelles recrues, la start-up compte mettre la main sur de nouveaux locaux « d’ici les prochains mois », ajoute le chef d’entreprise. « On a déjà des interactions avec des villes du centre des Etats-Unis et de la côte Ouest mais on veut faire les choses dans l’ordre : la côte Est d’abord. New York semble être une bonne équation, mais ce n’est pas complètement arrêté ».