Un répit new-yorkais pour Kevin Chenais

« A New York, tout est plus grand ». Cela faisait quatre jours que Kevin Chenais (ci-dessus) n’était pas sorti de sa chambre d’hôtel à Red Hook (Brooklyn). En ce vendredi ensoleillé, il peut enfin regarder la Statue de la Liberté, même de loin.

Assis sur son scooter électrique, le jeune homme atteint d’un dérèglement hormonal qui le fait grossir, multiplie les questions sur New York. Une ville de rêve qu’il ne peut visiter. Et pour cause, il pèse 230 kilos. “Comment c’est Central Park ? Et le métro, c’est accessible ?” Une bouffée d’air frais aux allures de répit pour le garçon et sa famille, qui vivent un calvaire depuis quelques semaines.

Les Chenais sont venus il y a plus d’un an aux Etats Unis pour soigner Kevin, à la Mayo Clinic de Rochester (Minnesota), vendant même leur appartement pour financer leur voyage. Leur espoir se transforme en cauchemar lorsque la compagnie British Airways, qui avait transporté l’enfant sans encombre à l’aller, refuse de le ramener en France pour des raisons de sécurité. La famille se retrouve bloquée aux Etats-Unis. Et doit s’en remettre à ses propres moyens. Après un passage par Chicago, elle se rend à New York en train. Là, elle devait prendre le paquebot Queen Mary II mais la compagnie elle aussi refuse de les accueillir pour des raisons de sécurité, à la grande déception de Kevin qui se faisait une joie de prendre le bateau pour la première fois. “Tout le monde essaye d’ouvrir le parapluie pour se protéger“, regrette le père de Kevin.

Les Chenais se disent dans une situation désespérée. “Je ne garde mon emploi à l’ONU à Genève que pour conserver l’assurance qui permet de payer 80% des soins de mon fils“. Elle explique que Kevin ne peut pas développer de relations sociales du fait de son état physique et de son isolement. “Nous voulions l’inscrire dans une école privée renommée à Genève mais ils n’ont pas voulu de lui pour garder leur réputation“, ajoute-t-elle.

Lundi, les Chenais devaient toutefois embarquer à bord d’un vol de la compagnie Virgin pour gagner l’Angleterre. Où ils devront trouver un moyen pour se rendre chez eux en Haute-Savoie. Pour René Chenais, cette descente aux enfers aura laissé un goût amer. « Pour moi, l’Amérique a cessé d’être le pays des libertés après le 11-Septembre ».

Crédit photo : Charles Guerin/ABACAUSA