Jonathan Boulingrin-Diaz, un ex-danseur dans la crêpe à Los Angeles

Jonathan Boulingrin-Diaz prêt à enfourner sa nouvelle carrière. /Photo S.C.

Des pas de bourrée aux pointes, en passant par le breakdance et le hip-hop, Jonathan Boulingrin-Diaz a enchaîné les pirouettes.

Depuis quelques mois, le danseur aux dreadlocks a décidé de remiser la danse au rang de passion afin de lancer son entreprise: Petite Crepe LA. Il arpente les événements avec son chariot à roulettes. Assurant le show avec sa crêpière, il surprend ses clients avec des créations originales comme les crêpes vegan, des burritos re-visités, des blinis ou des gâteaux de pancakes.

Avant de se spécialiser dans la crêpe, Jonathan Boulingrin-Diaz s’est réalisé dans la danse. “A 18 ans, j’ai tout quitté pour faire les castings pour la comédie musicale Le Roi Soleil. J’ai été pris en tant que remplaçant, sans avoir la chance de monter sur scène”, se souvient ce Valentinois. Cette expérience lui offre une porte d’entrée vers l’Académie internationale de danse, et des projets comme la comédie musicale Cléopâtre et des spectacles de cabaret.

Il décide de s’installer à Los Angeles après une visite rendue à un ami danseur en novembre 2011. “Il y avait une vrai facilité professionnelle avec les agents de danseurs, alors qu’en France on est livré à soi-même”, raconte celui qui obtint un visa O-1. Le Français multiplie les castings, décrochant un contrat pour un clip de Pharrell Williams et pour danser sur la tournée de Cheryl Cole.

Mais le rêve finit par s’éloigner. “Je n’arrivais plus à faire ce que j’aimais, du travail de compagnie et de la création originale”, argue le trentenaire, qui déplore le manque de subventions aux Etats-Unis pour aider les artistes. “On est une marionnette, on peut être viré du jour au lendemain. A Los Angeles, on est obligé de combiner la danse avec un travail dans les restaurants.”

Il décide alors de démarrer un projet complètement différent : acheter un “café-cart”. “Mais cela requérait beaucoup de licences, et il y avait les difficultés liées à la régulation sur le lait”, se souvient Jonathan Boulingrin-Diaz. Il a alors l’idée de se lancer dans la crêpe, alors qu’il travaille pour un traiteur français. “Ca me rappelle l’enfance, les dimanches après-midi chez ma grand-mère.” Il débute en faisant des anniversaires pour son entourage. Le bouche-à-oreille fonctionne, jusqu’au lancement officiel de Petite Crepe LA en 2019.

La petite entreprise propose du catering pour particuliers et entreprises. Elle démarre bien avec un événement pour la chaîne NBC où Jonathan Boulingrin-Diaz a concocté quelques 400 crêpes. “Le modèle des restaurants est dépassé, la street-food marche mieux”, assure cet autodidacte. Mais il a aussi des désagréments, comme l’absence d’électricité dans certains parcs. Pour se développer, il aspire à multiplier les “pop-ups”, dans les festivals et les bureaux. Il participe tous les premiers dimanches du mois au Friendly Market à Silverlake.

Pour autant, il n’en oublie pas la danse. Il continue de se produire avec deux compagnies. “La scène me manque, avoue-t-il, et particulièrement quand je vois ma femme, circassienne, en spectacle”.