Jérôme Meary, le Français qui fait venir les stars du foot aux Etats-Unis

Jérôme Meary (à gauche) en compagnie du joueur français des New York Red Bulls, Vincent Bezecourt.

La signature de Didier Drogba à Montréal? C’est lui. Celles de Steven Gerrard à Los Angeles et de Sebastian Giovinco à Toronto? C’est encore lui. A la tête de l’agence Elite Athletes, Jérôme Meary s’occupe d’attirer les meilleurs footballeurs européens dans le championnat américain (Major League Soccer).

Son histoire est celle d’un gamin talentueux avec une tête bien faite. Passé par les grands clubs parisiens dont le PSG, Jérôme Meary troque rapidement les crampons pour des études en école d’ingénieur puis pour un MBA à la Sorbonne. “Je suis parti à Los Angeles en stage en 2008 pour valider mon diplôme. J’ai été repéré sur place. On m’a proposé de signer un contrat dans une université en Caroline du Sud”. Au pays du football américain, le Français alors âgé de 23 ans se rend compte “à quel point le soccer est en train d’exploser“. “Je jouais dans des stades pleins tous les week-ends. Je me suis dit que si je pouvais le faire, plein de jeunes en France pourraient aussi avoir l’opportunité de percer ici“.

Toujours en contrat avec son université, Jérome Meary lance en 2010 sa première entreprise, University Elite Athlete, pour “offrir une seconde chance aux jeunes footballeurs français d’être recrutés en université américaine et de passer professionnel”. Plusieurs blessures graves aux genoux le convainquent d’arrêter de jouer et de se consacrer à plein temps à sa société. “Ça a tellement bien marché que mon réseau parisien m’a vite rattrapé en me disant de faire ça pour des joueurs confirmés”.

En janvier 2011, Jérôme Meary réalise un premier joli coup avec la signature du Français Didier Domi -alors joueur du PSG- au club américain New England Revolution. “J’ai enchaîné par la signature d’un ancien international français dans le même club, Ousmane Dabo. Ca a fait un effet boule de neige, beaucoup de joueurs ont commencé à m’appeler“.

Quelques semaines plus tard, Jérôme Meary reçoit un coup de fil de l’entourage de Ronaldinho. La star brésilienne, qui évolue alors dans le championnat brésilien, espère signer en MLS. “Je me retrouve à 26 ans à négocier un contrat à 30 millions de dollars en face du président de la MLS. Les mecs se sont demandés qui j’étais et ce que je faisais là”. Impressionnés par la maturité du jeune Français, les dirigeants de la MLS lui proposent un contrat. “Je leur ai proposé d’embaucher plutôt ma société, et c’est comme ça qu’Elite Athletes est devenue consultante exclusive de la MLS à l’international”.

Jérôme Meary échouera finalement à attirer Ronaldinho dans le championnat américain. Mais ce “deal” raté assoira définitivement sa crédibilité aux Etats-Unis et en Europe. “J‘ai attiré de nombreuses stars en MLS par la suite comme Didier Drogba, Steven Gerrard ou Sebastian Giovinco. J’ai également aidé plus récemment à la signature de Zlatan Ibrahimovic à Los Angeles“.

Jérôme Meary et la MLS partagent une ambition commune: “faire du championnat américain l’un des meilleurs au monde d’ici 5 à 8 ans“, explique l’entrepreneur français. Pour ce faire, la ligue s’appuie d’un côté sur la signature de grands noms mais espère surtout former de meilleurs joueurs et de meilleurs entraîneurs. “C’est un championnat encore jeune qui s’appuie beaucoup sur les statistiques, sur la rigueur athlétique mais qui a encore une marge de progression à faire sur l’intelligence tactique“.

Pour combler ces lacunes, la MLS a conclu un partenariat avec la Fédération française de football en février 2013 pour la formation des entraîneurs américains. “Vingt coaches viennent se former à nos méthodes en France chaque année“, raconte Jérôme Meary. L’agence Elite Athletes est quant à elle devenue la structure officielle agréée par la FFF pour le placement des jeunes footballeurs en études universitaires américaines. “On place une centaine de joueurs par an en université américaine, et on a 350 joueurs en activité dont 90% de Français. En cumulé, c’est plus de 20 millions de dollars de bourses accordées aux jeunes“. Un tremplin qui a notamment profité à deux joueurs français des New York Red Bulls, Vincent Bezecourt (photo) et Florian Valot.

Très engagé avec la MLS, Jérôme Meary a pourtant décidé de rompre son partenariat exclusif avec la ligue américaine en 2017 pour “également réaliser des opérations en Europe”. Il représente notamment la star argentine du PSG Angel Di Maria, qu’il a aidé à signer son prolongement de contrat en septembre dernier. Le Français de 34 ans, qui espère faire progresser le soccer aux Etats-Unis, a également investi dans un nouveau projet à New York. Il est le co-fondateur du nouveau complexe de foot indoor Socceroof situé à Brooklyn.