Jérémie Robert, consul de France à New York: “Aider la communauté française à rebondir est la priorité”.

Le consul général Jérémie Robert sur le toit du consulat.

Le toit-terrasse du consulat de New York n’a certes pas les dorures des salons -ni la vue sur Central Park, mais il offre le grand air si recherché en ces temps de Covid-19. Jérémie Robert y tient donc désormais certains de ses rendez-vous. C’est un des ces petits changements, au milieu d’autres nettement plus conséquents, qui rend si particulière la prise de fonction du tout nouveau consul général de France à New York.

Après deux ans passés en cabinet ministériel, comme conseiller “Afrique et affaires globales” du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, le diplomate de 43 ans aurait pu espérer un atterrissage plus en douceur pour son nouveau poste. La semaine passée aurait dû être celle de l’assemblée générale des Nations-Unies, marquée en principe par un ballet de visites diplomatiques qui occupent d’ordinaire le consul. Les débats de l’ONU ayant été tous organisés en ligne, point de visite cette année. “C’est un peu frustrant, mais c’est exaltant aussi d’arriver à un moment où il y a tant à faire, c’est une grande responsabilité”. La priorité, dit-il est de “continuer à aider la communauté française à traverser la crise”. Chaque jour, le consulat reçoit de 70 à 100 appels de ressortissants qui veulent entre autres savoir si et comment ils peuvent voyager.

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Les demandes de passeport en forte augmentation

L’opération “Love is not tourism” a notamment beaucoup mobilisé les services du consulat ces dernières semaines. Lancée par le secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne, elle doit permettre aux couples non mariés séparés par la pandémie de se retrouver. A New York, 83 dossiers ont été transmis à Paris. “Les trois premiers accords viennent d’arriver”, se réjouit le consul. Mais au-delà, c’est tout le fonctionnement du consulat qui a été affecté. Les personnels travaillent par exemple en deux équipes parallèles, qui ne se rencontrent jamais physiquement, de manière à limiter les risques de contamination généralisée. Et certains ont changé de fonction, notamment pour venir renforcer le service de délivrance des passeports: le nombre de demandes a très fortement augmenté, notamment de la part de bi-nationaux qui se contentaient auparavant d’un passeport américain et ont désormais besoin d’un français pour entrer en France. “Les délais ont explosé mais c’est en train de revenir dans l’ordre, notamment grâce à ces renforts”, note le consul.

Installé en famille -son épouse et leurs deux enfants de 13 ans et six mois-, le nouveau consul découvre plus intimement une ville qu’il ne connaissait que professionnellement. Sa carrière l’avait jusqu’alors principalement mené en Afrique (Kenya, Somalie, Cameroun), avec également un passage en Inde. Au cabinet de Jean-Yves Le Drian, il a donc suivi l’Afrique, mais aussi les dossiers du changement climatique et de la santé mondiale. Et c’est bien sûr ce dernier avec la crise de la Covid 19 qui l’ a principalement occupé ces derniers mois, travaillant notamment avec les autres pays à la réponse globale face à la pandémie. A New York, il sera confronté à l’étape suivante, “cruciale”, celle du rebond. “Nous allons continuer les actions menées par le passé comme le pilotage de la French Tech, secteur crucial ici”. Mais il veut aussi manifester la solidarité française envers les secteurs les plus touchés. “Dans la gastronomie notamment; je vais rencontrer les chefs français de New York, les écouter et voir comment on peut aider. C’est une vitrine considérable pour la France, il faut voir comment on peut se mobiliser en tant que communauté. 

Autre secteur important pour la France, celui du tourisme: “il faut se préparer dès maintenant à la réouverture des frontières. Les Etats-Unis envoient chaque année 4,5 millions de touristes en France; les professionnels se préparent à leur retour et nous ferons tout ce qui est possible pour que cea se fasse le plus vite possible”.