Jacky Ido: révélé par Tarantino, adoubé par Besson

On a fait sensation dans les rues de New York“. Jacky Ido ne peut pas s’empêcher de sourire en se souvenant du tournage de « Taxi Brooklyn ». L’acteur français occupe l’un des rôles principaux de cette série librement inspirée du film “Taxi” de Luc Besson, qui fera ses débuts sur NBC le 25 juin : un « cab driver » nommé Leo Romba. Certaines scènes ont été tournées avec un “top driver”, un conducteur placé sur le toit de la voiture pour permettre aux acteurs de se concentrer sur leur jeu. “C’est la première fois que je voyais ça! ”

C’est aussi la première fois que Jacky Ido joue un rôle principal dans une série diffusée sur un grand network américain. Produite par EuropaCorp de Luc Besson et diffusée en France sur TF1, “Taxi Brooklyn” marque une nouvelle étape dans l’ascension de cet acteur d’origine béninoise qui vit à Paris, révélé aux Etats-Unis grâce à son rôle dans  « Inglourious Basterds » de Quentin Tarantino. Il y joue un projectionniste qui met le feu à un cinéma rempli de nazis. “La télévision est l’endroit où l’on peut explorer des personnages complexes, montrer notre palette“, avance-t-il.

Dans “Taxi Brooklyn”, Leo Romba, un chauffeur bonhomme et attachant de Marseille, accepte de travailler avec la détective rebelle Cat Sullivan jouée par Chyler Leigh (Grey’s Anatomy). Ils passent un pacte: il lui sert de chauffeur, elle ferme les yeux sur son statut de clandestin aux Etats-Unis. “Certains projets de films sont limite thérapeutiques. A l’époque du tournage de Taxi Brooklyn, je venais de vivre une séparation. Je m’identifiais avec Leo Romba, un personnage qui embrasse une seconde chance“.

Luc Besson, producteur de la série, est venu le chercher. Il lui a été présenté par un ami à Cannes. “A l’époque, je ne savais pas qu’il s’agissait d’une adaptation de Taxi, confie-t-il. Il a été cash: il m’a dit que j’allais devoir convaincre. Lors de notre rencontre, le courant est bien passé. On s’est mis à délirer. Il a un œil bienveillant sur ma carrière.

Ça tombe bien. Jacky Ido cherchait une excuse pour revenir à New York, où il venait de tourner – “J’avais faim de New York“. Les douze épisodes de la première saison ont été filmés à Brooklyn, dans le Queens et sur Roosevelt Island (pour les scènes censées être sur Rikers Island). “Taxi Brooklyn” est la première série étrangère à avoir bénéficié d’un crédit de tournage de l’Etat de New York (environ 5 millions de dollars, confiait un producteur au New York Times en octobre).

Jacky Ido a du faire un stage de conduite de précision pour se former. Il a travaillé son anglais avec le coach de Jean Dujardin, Tanya Blumstein.  “C’était difficile. Nous tournions 14h par jour. Mais on rigolait tout le temps. On a créé, déliré ensemble, improvisé. L’intelligence du réalisateur français a été d’introduire de la liberté et de la légèreté dans cette grande machine de tournage américaine.

En France, la série a rassemblé entre 4 et 5 millions de téléspectateurs. Un score “très honorable” pour Jacky Ido, même si une partie de la presse l’a jugé “décevant“. “Nous avons conquis un public qui à la base n’est pas un public de TF1, un public qui télécharge plus de programmes. C’est un gage de qualité de la série“, estime-t-il.

Il espère que son rôle lui permettra de percer aux Etats-Unis. Longs et courts-métrages: il est ouvert à tout. “Si la proposition est intéressante. Je le ferai“. Et si, à la clé, il peut revenir à New York, c’est encore mieux. “C’est la ville où je me peux me retrouver au carrefour de chaque rue entre ma France, mon Afrique et ma culture anglo-saxonne“.