Il passe 90 jours à New York sans portable ni internet (et ça va)

Infos pratiques

 

Pour écrire à Marc-Antoine Colaciuri:

Park West Station Finance, P.O BOX 20782 New York, N.Y. 10025

La photo ci-dessus a une petite histoire. Lors de notre première rencontre avec Marc-Antoine Colaciuri, nous avions oublié de prendre sa photo. Nous avions dû le recontacter pour convenir d’un nouveau rendez-vous. Pas en l’appelant, ou en lui envoyant un e-mail. Mais en lui écrivant… une lettre.

Et pour cause: le jeune Français passe 90 jours à New York, sans ordinateur ni téléphone portable ni internet. Un pari osé dans la ville de la connexion, où les loisirs, le travail et les rencontres sont étroitement liés aux appareils de communication.

Pourquoi se donner autant de mal? Une envie d’authenticité, dit-il. Après avoir décroché son diplôme en communication d’entreprise, Marc-Antoine Colaciuri se demande “quel sens donner à ma vie, quelle direction, quelle signification” . Il trouve l’inspiration dans les travaux de Brené Brown, enseignante à l’Université de Houston, sur la connexion/déconnexion et notamment son best seller Daring greatly sur l’importance de la vulnérabilité et de l’authenticité. Il se met en tête de retrouver New York, ville qu’il a visitée déjà trois fois, sans technologie.

Le jeune homme débarque le 15 octobre. L’officier d’immigration qui examine son passeport est incrédule. “Il m’a dit: ‘votre projet n’a pas de sens’” , se souvient-il. Ironie du sort : Internet va le sauver. L’officier tape le nom du Français sur Google et le découvre sans doute sur le Huffington Post, le site d’information pour lequel Marc-Antoine Colaciuri décrit son aventure par l’intermédiaire de lettres rédigées à la main puis tapées.

Ses meilleurs amis deviennent ses carnets, où sont soigneusement consignés les adresses et les numéros de téléphones des personnes qu’il rencontre, son appareil photo, ses plans de New York et du subway et une montre. “Ce sont mes smartphones quotidiens” , plaisante-t-il. Les cabines téléphoniques, qu’il s’autorise à utiliser, ne lui sont pas d’un grand secours. “Elles fonctionnent mal. On n’entend rien” .

A son arrivée, il doit trouver un logement. Pas une mince affaire sans ordinateur. “Au début, c’était un peu la panique” , avoue-t-il. Il écume les petites annonces des journaux pour trouver une chambre, “mais je ne m’étais pas rendu compte que les petites annonces n’existaient plus” . Il décide d’arpenter Central Park West en quête d’une âme charitable. “Une idée carrément foireuse, dit-il, J’ai croisé beaucoup de personnes qui m’ont dit: ‘mec, tu vas galérer’ ” . Il parvient finalement à trouver une chambre à Harlem par l’intermédiaire du Consulat de France.

En deux mois, il n’a pas fait d’écart technologique. Il occupe ses journées en lisant, en écrivant ou en faisant du bénévolat. Dans une ville où les emplois du temps fluctuent en permanence, il organise ses rendez-vous plusieurs jours à l’avance. “Personne, sauf une, ne m’a posé de lapin. L’intensité du rapport à l’autre est décuplée. Le fait de décrocher un rendez-vous avec quelqu’un, ça fait du bien” .

Il insiste: son projet n’est pas “anti-technologie” mais il affirme que “rien ne sera jamais aussi riche qu’un rapport en face à face” . “La technologie est un refuge. C’est plus facile d’envoyer un texto que de passer un coup de fil pour dire une vérité, dit-il. Je n’ai pas la sagesse d’un philosophe ou d’un homme de religion, je suis un type qui réalise un truc et qui pointe quelque chose du doigt” .

Il n’a pas l’intention de poursuivre cette cure technologique à son retour en France, en janvier, sauf « si on me le propose ». Avant de retourner au monde connecté, il faudra passer Noël et le Jour de l’An à New York. “Ça sera sans doute des moments forts de mon expérience. ” Attention aux changements de plans à la dernière minute.

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