Il déserte l’armée américaine pour la Légion étrangère

On le décrit comme un jeune homme brillant, un “gentleman né” , un “officier exemplaire“, parmi les meilleurs élèves de la promo 2008 de l’académie militaire West Point. Lawrence J. Franks vient d’écoper de quatre ans de prison. Motif: il a déserté l’armée américaine pour rejoindre… la Légion étrangère française.

L’histoire est insolite. Un an après sa sortie de West Point, le jeune officier décide de déserter sa base new-yorkaise de Fort Drum. Selon le New York Times, qui lui a consacré un article, il prend l’avion pour la France, où il intègre la Légion, alors que son bataillon, “perplexe” , cherche son corps dans la forêt environnante.

Avec l’unité, qui accueille des soldats de tous les pays sans poser de questions sur leurs antécédents, il se rend en Centrafrique et à Djibouti pour participer à des opérations de maintien de la paix. Il est promu au côté d’un général français, Laurent Kolodziej, avec lequel il se rend au Mali, et obtient de nombreuses distinctions. Il se rend à l’armée américaine en Allemagne en mars, à l’expiration de son contrat de cinq ans avec la Légion.

Lors de son procès, le jeune officier a raconté qu’il était parti de l’armée américaine à cause de “pulsions suicidaires” , qui se seraient intensifiées après son entrée à Fort Drum. “Il pensait que s’il ne changeait pas sa vie radicalement, il se suiciderait” , écrit le Times. La Légion étrangère “était revigorante; j’étais vraiment enthousiaste, a-t-il confié au quotidien, avant le jugement. Pour la première fois depuis des années, je ne pensais pas à me suicider” .

Les camarades américains de Lawrence J. Franks Jr ont moins apprécié. Le déserteur venait d’être choisi pour diriger une unité médicale. Il devait être envoyé en Afghanistan un an plus tard. Sa désertion est venue s’ajouter à d’autres problèmes de leadership que connaissait l’unité à l’époque.

Franks a néanmoins laisse un bon souvenir chez son supérieur, Laurent Kolodziej, qui a témoigné en sa faveur au procès. “C’est un homme que je n’oublierai jamais et que je soutiendrai toujours, a-t-il dit. Il est plus qu’un soldat né, c’est un gentleman né. J’aimerais avoir dix hommes comme lui dans mon équipe, je serais le plus heureux des généraux” .

Une pétition citoyenne, mise en ligne sur le site de la Maison blanche, We The People, demande à Barack Obama de le gracier. Samedi, elle avait recueilli un peu plus de 1.000 signatures, bien loin des 100.000 requises pour obtenir une réponse de l’administration.