Huttopia, des Français dans le “glamping” aux Etats-Unis

Une tente Huttopia au bord du lac du site des White Mountains. Crédit photo : Huttopia

Après avoir conquis la France et le Canada avec ses tentes prêt-à-camper tout confort plantées en pleine nature, le groupe français Huttopia, spécialisé dans le « glamping » (“camping-glamour”), poursuit sa conquête des Etats-Unis avec l’acquisition d’un ancien camp de vacances d’une centaine d’hectares en Californie au coeur de l’Angeles National Forest.

A la tête de cette entreprise, Cécile Bossane et son mari Philippe, tout deux originaires de la Drôme, ont longtemps eu les Etats-Unis dans le collimateur. « L’Amérique, les US, ça nous semblait naturel. On pense que le produit est particulièrement adapté. Cette façon de camper est plus américaine que française, confie Cécile Bossane. A l’origine, quand on a imaginé tout ça, on avait en tête les parcs nationaux, la tente de trappeur, les grands espaces naturels. Et puis, pour nous, l’Amérique était un rêve. C’est un rêve pour tous les Français. »

Huttopia est né d’un constat que le couple a fait à son retour en France après deux ans d’études au Canada, dans les années 90. Les deux Français se sont rendu compte de « l’importance de l’outdoor pour les Canadiens et les Américains et du manque d’offre en France dans des lieux naturels et préservés, confie Céline Bossane. On ne savait pas où aller camper avec notre première fille. Le camping en France, c’était pas terrible. »

A leur actif, 48 sites en France, 500 tentes plantées dans les parcs nationaux au Québec depuis 2007, et deux sites aux Etats-Unis : un de 4 hectares au bord d’un lac dans les White Mountains depuis 2018, au coeur des Appalaches, et un autre dans le sud du Maine cette année. « Si on veut ouvrir un site en France, il faut compter 5 à 6 ans, ici c’est plutôt 2 ans », confie Cécile Bossane.

L’ouverture en Californie est un « tournant » dans l’aventure d’Huttopia. Ancien camp de vacances implanté en 1906, le site était un lieu de divertissement à l’époque de la prohibition, notamment pour les célébrités ; pour la légende, Charlie Chaplin en a été actionnaire, et Johnny Weissmuller venait s’entraîner dans sa grande piscine.

Populaire au Royaume-Uni depuis les années 90, il faut attendre 2014 pour que le glamping se fasse un nom aux Etats-Unis. En 2016, le terme figure au dictionnaire, et les recherches google ont atteint un niveau record en juillet 2018 aux Etats Unis, si l’on en croit Google Trend. « Maintenant, ça s’appelle le glamping. Au départ, quand on a créé Huttopia en 1999, on ne savait pas ce que c’était», ajoute Cécile Bossane.

Le marché du glamping aux Etats-Unis est encore embryonnaire. « Soit le camping est très sauvage, très rudimentaire, sur des sites extraordinaires, soit il est près des routes, aménagé pour accueillir des grosses caravanes et des camping-car ». 

Huttopia fait le pari de trouver l’équilibre entre confort et pleine nature, sans devenir un produit luxueux. Chaque tente est fabriquée à Dunkerque, dans le nord de la France par la société Cabanon. L’entreprise a pour ambition d’avoir un impact minimum sur les lieux qu’elle investit.  « On s’implante de manière légère. On ne construit pas des hôtels. »

Si le groupe continue de se développer en France, les fondateurs envisagent de créer une dizaine de sites aux Etats-Unis d’ici cinq ans. « Il faut trouver les bons terrains, confie Cécile Bossane. Les Etats-Unis, c’est grand. On recherche des zones où il y a un vrai intérêt naturel et logistique. Il faut que nos clients puissent découvrir des choses dans la région. »

Le groupe, qui se développe aussi en Chine, a plusieurs pays dans son viseur, comme l’Argentine, la Géorgie ou le Maroc. Dans des sociétés de plus en plus urbaines et connectées, le besoin de déconnexion grandit, le glamping a de beaux jours devant lui.