François Hollande, ce goujat qui aime les entreprises

Revue de presse. La visite d’État du président français aux États-Unis, la première depuis celle de Jacques Chirac en 1996, met en émoi la presse américaine. François Hollande arrive ce lundi sur le sol américain et depuis quelques jours déjà les journaux locaux se passionnent: business, menu gastronomique, vie privée du chef d’État, tout est passé au peigne fin.

Sans surprise, la vie privée du président français a la part belle dans la couverture américaine. Les récents déboires sentimentaux de François Hollande sont l’occasion pour The New Yorker de faire le parallèle entre sa vie privée et sa carrière politique à l’aune de l’opinion des Français : « Beaucoup voient désormais dans le comportement de Hollande, un modèle qui reflète une faiblesse générale dans sa présidence ». François Hollande brille par sa lâcheté assure l’hebdomadaire et, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne l’a jamais caché : « “Il a attendu que Ségolène Royal découvre sa liaison avec Trierweiler et lui demande de partir. Il a attendu que les journaux publient les photos de sa liaison avec Julie Gayet au lieu d’avoir le courage de mettre fin à sa relation avec Trierweiler lui-même, d’une manière plus digne. Il n’a pas de colonne vertébrale ». Après avoir rappelé « l’incroyable moment absurde » télévisé où, dans la course pour la présidentielle en 2006, Ségolène Royal demande à Hollande de l’épouser sans que ce dernier réponde, le journal conclut qu’ “Hollande—et les politiciens français—sont clairement en train de se battre pour comprendre les nouvelles règles du jeu politique. Ils oscillent entre deux extrêmes : faire des demandes en mariage à la télévision et se murer dans le silence ».

Le dîner d’État, censé être un moment fort de la visite du Président français à été mis à rude épreuve. C’est ce que nous explique le New York Times, qui se penche sur les questions du protocole, chamboulées par l’annonce de la venue de François Hollande, seul. Des invitations revues au plan de table corrigé en passant par le menu gastronomique sous haute tension, le journal vous apprend tout sur le raz-de-marée auquel à dû faire face la Maison Blanche ces dernières semaines.

Mercredi, François Hollande se rendra dans la Silicon Valley, un déplacement hautement symbolique. C’est en effet la première fois ces 30 dernières années qu’un chef d’État français s’y rend. La radio NPR fait le point sur la situation de l’entreprenariat en France et s’interroge sur son avenir.  « La France n’est pas vraiment le pays qui vient en tête quand on parle d’entreprenariat, ni le meilleur endroit pour lancer sa boîte ». Cependant les choses sont sur le point de changer. Dans le Sentier, quartier historique du commerce à Paris, si « rien n’a bougé depuis un siècle », le projet « Silicon Sentier » soutenu par la Marie et les entreprises privées est en bonne voie. Dur à croire mais la miriade de petits commerces des ruelles pavées accueillera bientôt la pointe de la technologie. « Dans son discours en janvier, le Président socialiste a définitivement pris un tournant à droite en annonçant son aide aux entreprises françaises quoi qu’il en coûte ».

Si cette visite doit envoyer un signe optimiste, les chefs d’entreprises expatriés à San Francisco restent dubitatifs.  The Wall Street Journal revient sur la politique pour le moins indécise de François Hollande. «Nous ne savons pas si nous sommes sur le point de gravir une montagne ou une colline»confie le Président du Medef, Pierre Gattaz à propos du pacte de responsabilité. «Les préoccupations de M. Gattaz mettent en évidence une question posée par beaucoup à travers l’Europe: M. Hollande peut-il remodeler l’économie de la France en une force assez puissante pour entraîner la zone euro avec l’Allemagne?» s’interroge le journal, avant de conclure : « Il n’a pas clairement défini la substance de son nouveau pacte et de nombreux observateurs craignent qu’il ne sera pas assez audacieux pour relancer l’économie de la France ».  Il faut dire que les mesures timides, prises par Hollande pour redynamiser l’économie du pays le semblent d’autant plus si l’on compare la situation de l’Hexagone à celle de son voisin allemand. Mais, comme le déclare le ministre délégué au budget M. Cazeneuve  «Les Français ne sont pas les Allemands qui parlent le français». Ceci explique peut-être cela.

D’un point de vue diplomatique, la vigilance sera de mise. «Comment énerver un Français ?», c’est la question soulevée par Morgane Croissant dans The Business Insider. Barack Obama devra faire attention, car l’auteur nous prévient : ça n’est pas bien difficile, « nous sommes un peuple au sang chaud » et, quand nous nous énervons, « notre degré d’arrogance et de suffisance atteint des sommets ». Un certain nombre de sujets sont donc à proscrire:  l’adultère, la mise en doute de la suprématie mondiale de la cuisine française ou encore la qualité de notre service de santé et d’éducation –qui ont été durement acquis et ne sont pas tombés du ciel !