L’affaire Hollande-Gayet dans la presse américaine: so french

Revue de presse On ne vous cachera pas notre déception: dans un pays pourtant habitué des scandales politico-sexuels, la révélation de la relation entre François Hollande et Julie Gayet ne passionne guère la presse américaine.

Alors que les Britanniques se délectent, la bombe lancée par Closer est certes évoquée par les journaux et sites d’information, mais avec une discrétion surprenante, notamment de la part des tabloïds. Le New York Post se contente d’un compte-rendu des plus neutres de l’affaire.

La raison de cette relative indifférence? Visiblement l’idée que “les Français sont comme ça”. “D’ordinaire, ce genre de révélation ne choque pas les Français, et celui-ci n’est pas différent”, note le  New York Times,qui prédit que le scoop de Closer ne nuira pas dans l’opinion à un président “déjà bas dans les sondages”.

L’affaire est surtout l’occasion pour la presse américaine de s’intéresser à la fin d’une autre exception française, celle du respect de la vie privée des politiques. Bloomberg, dans un article intitulé “Pourquoi la vie privée des hommes politiques français devient beaucoup moins privée”, y voit “le fruit d’une compétition croissante dans la presse scandale pour un lectorat qui rétrécit”.

Mais tous notent avant tout la quasi unanimité des commentateurs, du personnel politique, et du public français à souligner l’importance du respect de la vie privée. “Le plaidoyer de M. Hollande pour le respect de la confidentialité semble avoir résonné dans le pays”, relève le New York Times, qui établit un lien avec les révélations de l’espionnage de masse de la NSA par Edward Snowden.

Normal ou pas

Alors que le New York Times cite des Français assurant que l’attitude du président français “montre qu’il est normal”, le Christian Science Monitor estime au contraire que l’image véhiculée par les allégations de Closer est bien loin de celle qu’Hollande avait cultivée pendant sa campagne de 2012. « Bien qu’il n’ait pas nécessairement été une lueur d’espoir, son comportement de tous les jours était alors ce que recherchaient désespérément les Français. Son surnom de Monsieur Normal n’était pas charismatique mais les Français voulaient tout ce qui pouvait contraster avec le « bling » de leur ancien Président, Nicolas Sarkozy, qui avait épousé la chanteuse et ancien mannequin Carla Bruni et et n’avait aucun scrupule à mener une vie fastueuse » poursuit le journal avec une pointe de regret, comme si Mr Normal n’existait déjà plus.