Mais pourquoi tout le monde va-t-il vivre à Hoboken?

Dans les années 90 et 2000, nombre de New-Yorkais ont fui les loyers trop élevés de Manhattan pour aller s’installer à Brooklyn, donnant un nouvel élan à certains quartiers. Aujourd’hui, ils choisissent plutôt de traverser l’Hudson pour Hoboken, dans le New Jersey.

Côté Français, ce n’est pas l’exode de masse. Selon le Consulat, plus de 300 Gaulois auraient choisi de s’y installer. Mais ceux qui ont choisi de franchir la rivière sont heureux. A l’image de Sandy Valentin. En 2008, le jeune homme qui travaille dans la finance à Manhattan voulait fonder une famille et cherchait à investir dans l’immobilier. Hoboken s’avère être le parfait compromis : « au lieu d’avoir un appartement avec une seule chambre à New York, j’ai pu m’offrir un 230m2 avec vue sur la Skyline ». Bien sûr, pour un citadin qui a toujours vécu dans les grandes villes, quitter New York pour le New Jersey a été un choix compliqué mais Sandy Valentin « ne regrette pas ».

Hoboken est surnommé le “sixième borough” . Et pour cause, avec le PATH train, la liaison avec Manhattan se fait en 10 min (15 pour la 33ème).  Cependant, s’il est toujours possible de faire de bonnes affaires, « Mile Square City » n’est plus à la portée de toutes les bourses. « Les gens qui habitent ici ont un certain niveau de vie, ils font partie de la middle class et upper middle class” , explique Morgan Roial, un agent immobilier français qui officie pour Halstead Property. Selon lui, il faut compter 750 dollars le “square feet” à Hoboken, contre 1.000 à Brooklyn et 1.500+ à Manhattan. “D’autant qu’un nouveau marché est en train de se développer, celui des résidences de luxe, avec des prix qui ne sont jamais pratiqués » .

Moins branchée mais plus familiale

Sur les rives de l’Hudson, les appartements de standing sont de plus en plus nombreux et une nouvelle clientèle fortunée en provenance de New York jette son dévolu sur les nombreuses maisons à deux ou trois étages que compte Hoboken. « Il y a peu, une maison de ville s’est vendue à 4 millions de dollars. Ce type d’habitat, au même titre que les brownstones, est très prisé. Aujourd’hui, les gens s’installent par choix, ce qui n’a pas toujours été le cas », analyse-t-il. 

Si à l’image de Brooklyn, Hoboken connait un phénomène de gentrification, la ville préserve néanmoins un aspect familial, très éloignée de l’agitation new-yorkaise et de l’image « hipster » que certains ont voulu lui donner. C’est aussi ce qui a plu à Sandy Valentin : « Pour vivre avec un enfant, Hoboken est idéal. Bien mieux que Brooklyn. Au niveau propreté et sécurité, c’est incomparable ». Autre avantage selon lui: la scolarité. « Dans le New Jersey, les enfants peuvent aller à l’école dès l’âge de trois ans et les établissements sont gratuits. Pour vivre à New York et fonder une famille, il faut être multimillionnaire ou avoir beaucoup de courage ».

Que faire à Hoboken: