Hiven: une Française veut développer le coworking à domicile

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Le site de Hiven

Kelsey Ranch, Strange Space on 24th, Petit Paris…Autant de noms énigmatiques qui invitent au voyage, et qui sont en réalité des lieux de coworking au domicile de leurs propriétaires, accessibles depuis la plateforme Hiven.

Celle-ci est née en août de l’esprit d’entreprise d’une Française polytechnicienne spécialisée en ingéniérie environnementale et développement de villes durables. “Pendant mes études en urbanisme à Berkeley, je me suis penchée sur la crise du logement dans la région de San Francisco: les loyers sont chers, et les quartiers résidentiels sont sous-utilisés pendant la journée, explique Christelle Rohaut. Hiven propose une meilleure utilisation de l’espace: en réservant un espace de coworking chez un particulier, on l’aide ainsi à payer son loyer. Autre bénéfice: on réduit le temps de transport vers les quartiers d’affaires ou commerciaux où se trouvent des bureaux ou les lieux de coworking traditionnels.”

Le fonctionnement d’Hiven est simple: les “bees” (abeilles) sont les travailleurs qui recherchent une “hive” (ruche) tenue par un “host” (hôte). Chaque hôte peut accueillir entre trois et six personnes.

Leur sélection est très scrupuleuse: “Nous procédons à un background check, puis nous nous rendons sur place pour visiter le lieu, et y travailler un peu nous-mêmes”, explique Christelle Rohaut. Un bon réseau wifi, une table pour travailler, du café et du thé constituent le minimum requis pour devenir hôte. “Par rapport à un café, travailler depuis la maison ou l’appartement de quelqu’un offre un bien meilleur confort: on est au calme, sans musique ou bruit de fond incessant, et on n’est pas obligé de remballer ses affaires pour aller aux toilettes ou commander un café.” 

Dans l’immédiat, le but d’Hiven est de remplir les douze ruches déjà installées à Oakland et à Berkeley, et de créer une communauté de “bees” fidèles à ce nouveau type de coworking. Les “bees” sont en général des travailleurs indépendants ou des entrepreneurs, entre 30 et 50 ans, avec une bonne parité hommes-femmes. Pour quatre dollars de l’heure, avec possibilité de souscrire un abonnement, les “bees” ont accès à tout le réseau de ruches, et peuvent ainsi choisir de travailler à proximité d’un lieu de rendez-vous prévu la même journée. Des discussions à thèmes sont également organisées pendant la pause de midi et permettent d’échanger avec des professionnels spécialistes d’un domaine.

A plus long terme, Hiven espère lever les fonds qui lui permettront de poursuivre sa trajectoire gagnante: développée de janvier à avril 2018 au sein de l’accélérateur Launch, qui encourage la création de start-ups dans les universités de Californie, Hiven a remporté le prix de l’innovation “Big Ideas” dans la catégorie “Connected Communities” en mai dernier, ainsi qu’une bourse décernée par la Business School de l’Université de Berkeley. “Nous avons créé un produit qui fonctionne et constitué une équipe de cinq personnes pour le soutenir. Les problèmes d’urbanisme des villes américaines sont vastes, mais avec Hiven, nous nous y attelons en changeant les choses directement sur le terrain.

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