Guy Wildenstein renonce aux législatives

Malgré sa discrétion publique sur le sujet, les militants new-yorkais de l’UMP n’avaient aucun doute: Guy Wildenstein serait le candidat du parti de la majorité présidentielle pour 2012 dans la circonscription couvrant le Canada et l’Amérique du Nord (pour la première fois en 2012, les Français de l’étranger éliront des députés). Le marchand d’art n’avait d’ailleurs pas caché son ambition auprès des instances de l’UMP à Paris qui, en raison de son amitié avec Nicolas Sarkozy et de sa générosité envers le parti, considéraient son investiture comme une formalité. Seulement voilà: les déboires judiciaires et fiscaux du célèbre marchand d’art sont passés par là et, selon des sources de l’UMP citées par l’hebdomadaire Le Point, Guy Wildenstein a renoncé “pour ne pas nuire à Nicolas et au parti”.

Guy Wildenstein n’a pas souhaité répondre au Point qui revient longuement sur ses déboires fiscaux et judiciaires, consécutifs à la longue procédure qui a opposé Guy et son frère Alec à la seconde épouse de leur père défunt, Sylvia Roth. Elle-même décédée le 13 novembre dernier, elle accusait les deux fils de son mari, Daniel Wildenstein, d’avoir cherché à la flouer au moment de l’heritage en dissimulant des trusts localisés à l’étranger. Elle avait porté plainte pour “abus de confiance” et “blanchiment”. Son décés n’a pas interrompu l’enquête judiciaire.

C’est sur cette enquête que revient Le Point dans son édition datée du 3 février. L’hebdomadaire détaille les montages fiscaux inventifs qui ont permis aux Wildenstein de se soustraire au fisc français. Mais il révèle surtout une affaire plus encombrante encore: au cours de cette enquête, les policiers de l’Office central pour la lutte contre le trafic de biens cultuels (OCBC) ont découvert dans les locaux de l’Institut Wildenstein à Paris une trentaine d’oeuvres qui étaient enregistrées comme volées ou disparues. Une information judiciaire pour recel a été ouverte. L’affaire ne fait que commencer, mais elle a d’ores et déjà eu raison des ambitions politiques de Guy Wildenstein. En lieu et place du “candidat légitime” désormais écarté, l’UMP s’apprête à désigner Christine Lagarde, la ministre de l’Economie, ex expatriée à Chicago.