A New York, Harlem Désir en mission “SOS Intolérance”

Au moment de l’attentat du 11-Septembre, j’étais dans un train en direction de Bruxelles, se souvient Harlem Désir. Je suis venu juste à New York après les attentats des que les liaisons aériennes ont été rétablies.

Le secrétaire d’Etat aux affaires européennes s’est rendu, vendredi, à Ground Zero pour marquer sa solidarité avec les victimes du 11-Septembre, « attaque inhumaine, horrible, contre la société libre et fraternelle que nous voulons » , et livrer un message de tolérance dans un climat de tensions communautaires en France.

A Ground Zero, paisible en ce vendredi matin frisquet, l’ancien patron de SOS Racisme s’est arrêté devant les noms de victimes françaises du 11-Septembre taillées dans les longues plaques métalliques autour des cascades qui épousent l’empreinte des tours jumelles.

A l’intérieur du musée du 11-Septembre, qu’il est le premier membre du gouvernement à visiter depuis son ouverture en mai, il a traversé des salles plongées dans la pénombre, remplies de photos, de vidéos et d’objets sortis des décombres. Un camion de pompier a l’échelle broyée. Les fameux tridents à la base des tours. Ou encore une poutre métallique recouverte des sigles des différents groupes de secours intervenus après les attentats avec le nombre de victimes…

Avec le directeur du musée Joe Daniels, il s’est rendu dans la galerie des portraits des victimes des attentats de 2001 et 1993 au World Trade Center. Plus de 3.000 visages, dont ceux des Français Thierry Saada, Jérôme Lohez et Kip Taylor, qui rappellent “la diversité d’une société libre” selon Harlem Désir.

La visite a eu lieu au lendemain de son intervention devant l’assemblée générale des Nations Unies dans le cadre d’une réunion spéciale consacrée à la montée des violences antisémites dans le monde. Dans un contexte d’inquiétude des juifs de France face à la recrudescence des actes antisémites, qui ont culminé avec la prise d’otage sanglante au sein de l’Hyper Cacher de la Porte de Vincennes, il a appelé à la mobilisation de la communauté internationale.

Il s’est notamment entretenu avec les responsables de l’AJC, l’American Jewish Committee, une puissante association internationale juive, qui lui ont fait part de leur “très grande inquiétude” face aux évènements en France.

Lors d’une conférence de presse en marge de la session extraordinaire, il a défendu l’idée d’un cadre juridique international pour limiter les messages haineux sur les réseaux sociaux. “Dans ce combat, il faut être dans une grande fermeté et aussi que nous débattions de la bonne réponse. C’est important de le faire au sein des Nations Unies, avec les Etats-Unis et nos autres partenaires” , a-t-il réaffirmé à Ground Zero. “L’enjeu est de ne pas d’être entrainé dans une guerre de civilisation, c’est très difficile. Aujourd’hui, il y a une guerre contre l’islamisme radical, pas contre l’islam.

Vendredi, il devait participer à une conférence à Columbia et assister à une réunion du Comité des Associations Françaises et de Langue Française de New York.