Glose lève plus de 3 millions de dollars pour inventer la lecture de demain

L'équipe de Glose est basée à Paris. Crédit : Glose

Nicolas Princen a l’idéalisme contagieux. Dès 2014 à la création de sa start-up Glose, sa mission était claire : « améliorer la lecture en la rendant plus sociale et plus interactive pour toucher notamment les moins de 25-30 ans et qui sont pratiquement nés avec un smartphone dans les mains »,  présente l’entrepreneur à la tête d’une vingtaine de personnes à Paris.

C’est ainsi qu’est née Glose, une plateforme à mi-chemin entre un réseau social de lecture, une librairie numérique et un support personnalisé pour chaque lecteur. Après avoir fait ses premiers pas aux Etats-Unis, où elle réalise aujourd’hui encore 90% de son chiffre d’affaires, Glose est partie à la conquête du marché français en 2016 et vient d’annoncer une levée de fonds de 3 millions d’euros.

Tout a commencé à New York, haut-lieu des maisons d’édition américaines. « Il fallait convaincre les éditeurs de nous vendre leurs catalogues, ce qui est très difficile quand on est une petite start-up dans le numérique. Le livre numérique représentait 25% du marché du livre aux Etats-Unis là où, en France, il était à 4 ou 5%. Ça avait donc du sens de commencer ici », se souvient Nicolas Princen, qui a passé près de deux ans à New York pour lancer l’entreprise.

Résultat : Glose signe un premier géant new-yorkais de l’édition, Penguin Random House. Une victoire qui ouvre la voie à la start-up, qui collabore aujourd’hui avec quelque 800 éditeurs. Glose revendique environ un million de livres numériques, distribués dans 200 pays et consultés par 600.000 utilisateurs, dont 70% d’Américains.

Encore discret sur les projets de développement aux Etats-Unis, Nicolas Princen confirme son intention « d’augmenter la présence » de Glose outre-Atlantique, notamment à travers une nouvelle plateforme, Glose Education, dédiée aux scolaires.

« Les professeurs ont commencé à nous contacter pour nous dire qu’ils trouvaient l’application géniale parce qu’elle rendait la lecture agréable, engageante mais aussi plus efficace pour leurs élèves. Elle leur permet de lire ensemble et de s’entraider grâce à leurs commentaires », a constaté le chef d’entreprise formé à HEC et Normal Sup’, entre « business et philosophie ». Il est devenu à 23 ans le plus jeune conseiller digital au sein du cabinet du président Nicolas Sarkozy.

Pour l’heure déployé dans une dizaine de collèges et lycée aux Etats-Unis, Glose Education compte s’adresser à tous, « du prof de 6e en France au prof de MBA de la Harvard Business School », illustre Nicolas Princen, qui souhaite lancer la nouvelle offre au cours du premier semestre 2019.

A terme, l’entrepreneur de 34 ans veut faire de Glose une « infrastructure fondamentale » au service de l’éducation. « J’insiste sur le mot infrastructure », souligne cet optimiste, convaincu que la lecture deviendra « de plus en plus importante et multimodale »« Notre technologie va permettre d’agir sur la lecture de demain. Un peu comme si on arrivait avec un nouveau papier. » Et de conclure: « La vie est courte, autant faire quelque chose d’utile. »