Au LA Galaxy, ces Français qui veulent marquer des buts (et les esprits)

«A gauche», «en retrait», «la passe» : lors des entraînements du Los Angeles Galaxy, c’est en français que se donne la plupart des ordres. Depuis le début d’année, le gardien remplaçant français Clément Diop a été rejoint par deux compatriotes : Bradley Diallo, qui évoluait en réserve du club, et le milieu offensif marseillais Romain Alessandrini, dernier arrivé.

Aller aux Etats-Unis était dans un coin de ma tête“, avoue Romain Alessandrini, 28 ans, écarté des terrains à cause d’une blessure l’an dernier. Cette saison en demi-teinte n’aura pas endigué les intentions du club californien, venu le voir jouer à deux reprises.

Plébiscité par d’autres clubs européens, le Marseillais choisit pourtant de tenter l’aventure américaine et signe un contrat de trois ans. “J’aurais aimé sortir par la grande porte de l’OM. J’ai tout donné mais j’ai eu pas mal de pépins“.

La décision de l’attaquant a pourtant surpris, les joueurs européens rejoignant en général le championnat américain en fin de course, pour une pré-retraite dorée. “C’est un choix de carrière que peu de monde à compris. J’ai envie de faire partie de l’évolution du championnat américain (Major League Soccer, MLS). Depuis que David Beckham est passé par le Los Angeles Galaxy, beaucoup de monde s’y intéressent“, argue Romain Alessandrini, qui aspire à gagner des titres. “C’est la meilleure équipe des Etats-Unis avec cinq titres, j’ai envie de marquer. Le coach compte sur moi.” Même si les premiers matches n’ont pas été concluants, Romain Alessandrini s’est déjà illustré en marquant le but contre Montréal qui a apporté son premier succès au club à domicile, vendredi 7 avril.

Le défenseur Bradley Diallo mise également sur la MLS comme un tremplin. “Tout le monde pense que c’est un championnat mineur. Mais j’ai été surpris par le niveau. Je pense que le championnat américain rivalisera avec ceux d’Europe d’ici quelques années“, avance le joueur de 26 ans formé à Marseille. En réserve du LA Galaxy depuis trois ans, il avait été blessé aux ligaments croisés lors de la dernière saison. Mais le coach de la réserve, Curt Onalfo, qui dirige maintenant l’équipe première, a décidé de lui donner l’opportunité de monter. “J’aimerais maintenant décrocher une place de titulaire“, espère Bradley Diallo.

Bradley Diallo se réjouit de l'arrivée d'un Marseillais. "C'est plus facile pour les blagues", assure-t-il. / Photo S.C.
Bradley Diallo se réjouit de l’arrivée d’un Marseillais. “C’est plus facile pour les blagues”, assure-t-il. / Photo S.C.

Un cadre de vie d’exception

Loin du vieux port, les Français se sentent pourtant bien. “Ces derniers mois, j’avais beaucoup de pression à Marseille. Dès qu’on perd à l’OM, c’est compliqué. Ici, quand on perd, on passe à la préparation du prochain match“, compare Romain Alessandrini, qui quittait la France pour la première fois.

Installés près de la plage avec leurs familles, respectivement à Long Beach et Mar Vista, Bradley Diallo et Romain Alessandrini savourent leur nouveau cadre de vie. Amoureux des langues et curieux, le défenseur de 26 ans apprécie particulièrement “les mentalités ouvertes“, ainsi que le soleil.

Après un long mois d’emménagement, je profite de la vie, je vais au restaurant avec ma copine, vois des amis et mon cousin qui est pâtissier pour Ladurée à Los Angeles. Cela va m’aider à être meilleur sur le terrain“, assure Romain Alessandrini, qui se voit bien terminer sa carrière à Los Angeles. Une option que ne rejette pas non plus Bradley Diallo : “mis à part un club anglais, rien ne me donne envie de partir“.

En revanche, il leur faudra un peu plus de temps pour s’habituer à l’ambiance des stades, où la fougue des supporters laisse place au spectacle. “Le foot est tout nouveau ici, mais il commence à prendre de l’ampleur. Il y a un véritablement engouement pour le LA Galaxy, et du respect pour les joueurs”, fait remarquer Romain Alessandrini, qui est sensible à l’hymne américain chanté en début de match. “Ils viennent voir un spectacle, comme au basket“, reconnaît Bradley Diallo. Et pour satisfaire leurs fans, les Français font tout pour assurer le show.