François Hollande, ce George W. Bush

A priori, François Hollande et George Bush Jr. n’ont pas grand chose en commun. Mais ils partagent au moins une chose selon le magazine The Atlantic. Dans un article paru le 26 juillet, il explique que les deux présidents, tous deux aux commandes de nations visées par le terrorisme, ont fait (dans le cas de Bush) ou font face (dans le cas d’Hollande) au même cycle infernal attentats-unité nationale-désillusion.

Hollande est le dernier leader en date à voir une nation s’unir après une attaque terroriste, et à voir cette unité se dissoudre par la suite, à cause d’attentes irréalistes du public ou de politiques gouvernementales ratées, ou la combinaison de ces facteurs et d’autres, écrit David Graham. L’exemple classique est George W. Bush. Alors que Bush a été élu sur le fil, le 11-Septembre a suscité une avalanche de cohésion nationale, de patriotisme et de résilience qui l’a transformé en figure adorée aux Etats-Unis, et le pays s’est attiré la sympathie du monde entier. Mais dans les années qui ont suivi, cela s’est effrité” .

Les attaques terroristes en France, poursuit The Atlantic, “ont fait pour son président la même chose que le 11-Septembre pour Bush, suscitant l’unité nationale et une sympathie internationale. Sa réaction a été largement applaudie, et son taux d’approbation a doublé” . Mais à l’instar de Bush, le phénomène n’a pas duré. “Comme Bush et Blair, il s’est enfermé dans la bellicosité” , analyse le journaliste. Et contrairement aux deux autres dirigeants, “Hollande a commencé avec un taux d’approbation très bas, et il a fait face à une succession d’attaques islamistes” .

Tous les leaders font des erreurs. Pour Bush, cela fut la guerre en Irak. Mais David Graham souligne aussi le caractère injuste de ces mouvements de balancier. “Peut-être que le peuple français, comme le reste du monde, a des attentes irréalistes par rapport à ce que le gouvernement peut faire pour le protéger. Empêcher une attaque terroriste, même avec un système de renseignement de haute qualité, dépend aussi de beaucoup de chance. Les attaques qui sont menées jusqu’au bout ne sont pas forcément la preuve de négligence ou de failles, et l’absence d’attaques ne signifie pas que le renseignement et la police font un bon travail” .