En France, on travaille mais pas trop

Revue de presse. Décidément, la fermeture obligée du Sephora Champs Élysée à 21h (au lieu de minuit) émeut. Jusque dans la presse américaine.

Ce magasin qui attire autant de visiteurs que la Tour Eiffel – six millions par an – devait une grande partie de son succès à son ouverture nocturne : il était l’un des seuls magasins des Champs ouverts jusqu’à minuit. Mais c’était avant que la cour d’appel de Paris ne décide de raccourcir ses horaires de trois petites heures pour faire respecter la loi. La décision laisse le Wall Street Journal circonspect. Le journal se demande comment un pays avec 11% de chômage peut obliger ses magasins à fermer. “Sephora a averti qu’elle pourrait supprimer 45 emplois si elle fermait plus tôt. Le magasin des Champs-Élysées fait environ 20% de son activité après 21 heures et 58 membres du personnel travaillent en fin de soirée, a indiqué la compagnie.”

La France des entrepreneurs

Ce n’est pas avec ce genre de décision que l’on encourage les entrepreneurs. Et pourtant, miracle ! Il n’y a jamais eu autant de création d’entreprises dans l’Hexagone comme le souligne le “pure player” Quartz. Proportionnellement, la France créerait plus d’entreprises que les Etats-Unis. Mais il faut nuancer. “Est-ce vraiment une révolution entrepreneuriale française? En quelque sorte. Les critiques pourraient souligner qu’une grande partie des auto-entreprises existent surtout sur ​​le papier. Un rapport de l’Institut national des statistiques et des études économiques françaises a constaté que sur les 328.000 auto-entrepreneurs nouvellement inscrits depuis 2009, seule la moitié est encore opérationnelle.” Quartz ajoute : « L’auto-entreprenariat n’est pas la solution aux problèmes du travail en France. Mais au moins, le changement a peut-être suscité un sursaut d’intérêt pour la gestion de petites entreprises. Les entrepreneurs  ont résisté aux efforts déployés par l’actuel gouvernement,  qui réduit les exonérations fiscales. Dans la mesure où il y a un fort rejet à l’égard des affaires, en France, c’est une bonne chose. »

Hollande vs Merkel

Pendant ce temps-là, la popularité de François Hollande continue de descendre. Le New York Times dresse le portrait croisé du locataire de l’Elysée et de la chancelière allemande. Celui-ci est peu flatteur. Alors que M. Hollande s’enfonce, Angela Merkel vient en effet de rater de peu la première majorité absolue au Bundestag depuis 1957.

Sous la plume de Steven Erlanger, la France passe pour le mauvais élève du couple franco-allemand. «A la différence de Mme Merkel, M. Hollande est loin de pouvoir se targuer d’une économie forte. Même si celle-ci est la deuxième plus importante d’Europe, elle est plombée par un secteur public coûteux et important, et un électorat qui ne veut pas du genre de changement que les économistes libéraux présentent comme nécessaires».

 Credit: ccp-luxury