La France rayonne à Bryant Park

La star du Taste of France s’appelle Zippy. Elle a deux ans et quatre pattes.

Depuis deux jours, des centaines de New-Yorkais défilent devant ce French Bulldog, placé sur un pupitre, pour recevoir un « Frenchie Kiss ». Les « awwwwwww » fusent de toute part quand le toutou en ruban tricolore se décide à lécher la pointe de compote pour bébé placée sur le doigt ou la joue des visiteurs. « Zippy embrasse bien », sourit l’hôtesse.

Dimanche après-midi. Le Taste of France se termine dans quelques heures, les exposants sont fatigués, mais les visiteurs continuent d’affluer à Bryant Park, transformé en petit village gaulois pour l’occasion. Associations, écoles, restaurants, entreprises de hi-tech et de beauté bordent les allées vertes du parc. Au stand de « French Will Never Forget », une association d’amitié franco-américaine, on n’arrête pas. Deux mille DVDs des cérémonies du souvenir organisées par l’association en juin 2007 à Omaha Beach et le 11 septembre 2011 Place du Trocadéro ont été donnés. «On a eu deux réactions anti-Français, mais la deuxième personne a changé d’avis après avoir discuté avec nous», souligne Patrick du Tertre, un des quatre fondateurs du groupe.

Le fameux manège du parc a vu pousser autour de lui des rangées de stands, une bulle réfrigérée contenant une Tour Eiffel en beurre de deux mètres de haut et même un espace pour apprendre le français. Sous une tente, un groupe d’enfants et de mamans a pris place autour de deux musiciens qui enchainent les chansons en français. «Les parents américains veulent exposer leurs enfants au français. Il y en a ici qui ne comprennent pas les paroles, mais qui restent quand même», glisse Brigitte Saint-Ouen, responsable des activités pour enfants.

Près de la tente l’Oréal, où l’on s’agglutine pour mettre la main sur des shampoings gratuits, l’équipe de Safran, une entreprise de hi-tech française qui travaille notamment avec le Département de la Défense américain, a sorti le grand jeu : un réacteur d’avion fabriqué en France et aux Etats-Unis. «C’est bien que les Américains se rendent compte que la France est plus que la mode, la cuisine et le parfum», estime Vincent, un Français de New York émerveillé (comme son enfant) par la machine. « Il faut quand même leur expliquer le lien avec la France», relativise Bernard Teychené, vice-président de Safran pour l’Amérique du Nord.

Le salon s’est déroulé sans encombres majeures, malgré quelques couacs à l’allumage. Certains stands n’étaient toujours pas finalisés samedi matin au moment de l’inauguration, marquée par le lâcher de la montgolfière placée au centre de la pelouse de Bryant Park. French Morning était présent sur place pour réaliser une série d’interviews, en direct, dont celle du chef Daniel Boulud et du ministre des affaires étrangères Laurent Fabius, venu participer à l’assemblée générale des Nations-Unies quelques jours plus tôt. Cent mille personnes étaient attendues sur les deux jours. “Il passe à Bryant Park environ 25.000 personnes dans un week-end normal. On a facilement fait trois voire quatre fois plus, souligne Paul Bensabat, président du Taste of France. C’est un carton à tous les niveaux“.

Dans le nord du parc flotte une odeur de cassoulet. Plusieurs chefs sont aux fourneaux pour faire découvrir aux curieux des plats régionaux. Elfie Majoie en a vu défiler du monde depuis son stand. Elle fait la promotion de la région Midi-Pyrénées.  « Les Américains nous connaissent, jure-t-elle. Et posent de nombreuses questions. Connaitre Albi, il fait le faire ! »

Sur la pelouse, dans la douceur de cette fin septembre, plusieurs dizaines de New-Yorkais ont pris place autour des tables vertes de Bryant Park pour écouter les cantatrices du Met Opera qui défilent sur la grande scène du « Taste ».

Jean-Pierre Heim, l’architecte qui a conçu la scénographie du salon, notamment sa montgolfière, se faufile entre les tables et les nappes de pique-nique pour gagner son impressionnante création, stabilisée par plusieurs longues cordes qui s’élancent vers la bordure de la pelouse. «Ça serait magnifique de voir  un drapeau américain et un drapeau français en montgolfière pour le prochain Taste of France», rêve-t-il. “Dans l’immédiat, on  va essayer de respirer un petit peu, et on avisera pour l’an prochain, indique M. Bensabat. On va commencer par se reposer, faire les comptes et organiser une reunion post mortem avec tout le monde“.

«Est-ce que j’irai en France ?», s’interroge Samantha, une New-Yorkaise allongée sur la pelouse, à l’ombre du ballon. « Oui, en un clin d’œil ».

Photos: Adrien Briand / French Morning