La France, entre violences et tweets de “fils de”

Credit: ABACA/ABACAUSA.COM

(Revue de presse) Ah les jeunes de nos jours… Pendant que la France part en vrille, les fistons de Valérie Trierweiler et de Nicolas Sarkozy se disputent à coups de tweets.

L’affaire est semble-t-il assez sérieuse pour mériter que le New York Times s’y attarde. Certes, l’adolescence est difficile à vivre, mais “si vous êtes le fils d’un ancien président ou de la première dame à l’âge de Twitter”, ça l’est encore plus, souligne le quotidien. Les tabloïds français et la “Twitter-sphère” ont “été bien amusés” ces derniers jours par un “combat d’injures continu entre Louis Sarkozy (…) et Léonard Trierweiler”. Tous deux âgés de 17 ans, les deux rejetons de l’Elysée se disputent en fait depuis plusieurs mois déjà. A l’origine de cet affrontement digne d’un épisode de Plus Belle La Vie: l’accusation de corruption et trafic d’influence dans des enquêtes judiciaires qui pèse sur Nicolas Sarkozy, et l’annonce de son grand come-back politique.

Le petit Trierweiler, “qui étudie dans une école culinaire d’élite à Paris et a plus de 9000 followers sur Twitter”, s’est moqué de l’ancien “Président Bling Bling”. Nicolas Sarkozy avait fait la promesse de changer son parti politique avec son grand retour, mais pour Léonard Trierweiler, le seul changement dont il serait capable, serait … d’acheter une nouvelle Rolex. Louis Sarkozy (qui a 8000 followers de plus que Léonard) a aussitôt répliqué, entre deux tweets sur Star Wars et le football américain, accusant Valérie Trierweiler “d’arrogance” et “d’erreurs grammaticales” dans son livre “Merci pour le moment”. L’un accuse l’autre de n’avoir jamais appris le respect envers les mères, l’autre celui envers les pères. On n’est pas sortis de l’auberge…

Mort de Rémi Fraisse

Tandis que certains jeunes débattent en 140 signes de questions existentielles, l’Hexagone s’embrase. La mort du jeune Rémi Fraisse, militant écologique âgé de 21 ans, lors d’un rassemblement contre le barrage de Sivens, a provoqué une vague de manifestations contre les forces de l’ordre.

Ces “rassemblements écologiques métamorphosés en protestations contre la brutalité policière” dégénèrent, explique le Daily Star. ABC News nous raconte l’histoire de “jeunes lanceurs de projectiles contre la police”. La police, en toute passivité, se serait contentée de “jeter des capsules de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants masqués”, ces derniers ayant alors arraché des panneaux de signalisation “pour les utiliser comme projectiles” contre les forces de l’ordre.

Comme le rappelle heureusement ABC News, ces agissements ne seraient que le fait d’une minorité de manifestants, “parmi une majorité pacifique”.

Finie la cohabitation !

La gravité des récents évènements n’a visiblement pas empêché la presse américaine de s’extasier sur le système politique français. Cette semaine, pendant que les Frenchies écoutaient sagement (ou pas) l’intervention du Président Hollande sur TF1, les Américains, eux, n’avaient d’yeux que pour les Midterms, LE grand évènement politique de l’année.

Vox en a profité pour expliquer pourquoi les Français s’étaient “débarrassés des élections de mi-mandat”. Rappelons-le, dans les années 1980 puis 90, la France avait “un président socialiste, forcé de composer avec un Parlement de droite”, puis l’inverse. Mais bien vite, comme le rappelle Vox, les Gaulois, plutôt que d’affronter une nouvelle fois ce genre de divisons, ont tout simplement décidé de changer les règles du système électoral, en votant le quinquennat, histoire d’éviter que cela ne se reproduise.

Une théorie qui, selon le magazine, “aurait fait ses preuves”, ce qui serait “une bonne raison de penser que cet alignement des mandats aurait des effets similaires aux Etats-Unis”. Même si Vox affirme, “cela n’éradiquera pas les divisions au sein du gouvernement”, il pense tout de même que de faire des “réformes à la française” pourrait “le rendre moins commun”. Les Etats-Unis ont encore des choses à apprendre de la France.

Non, Araud ne sera pas “l’ambassadeur gay”

Comme on vous l’indiquait il y a quelques jours, Vogue s’est livré cette semaine à un périlleux exercice de style. L’article commence par souligner le fait que Gérard Araud, nouvel ambassadeur de France à Washington, ne veut pas être considéré comme “l’ambassadeur gay”. Le magazine ne résiste pourtant pas longtemps à la tentation de citer son conjoint, et même, de parler mariage…

Vogue rappelle tout de même que l’ambassadeur a un style unique, acquis par son rejet du “politiquement correct”, qui “fait de lui un diplomate pas comme les autres”, mais aussi par ses costumes cintrés. Une véritable révolution dans le petit monde de la diplomatie hexagonale, où les “costumes trop grands” étaient légion.