La France n’a plus d’argent, mais garde la classe

Revue de presse. La France s’enlise peut-être dans un déficit budgétaire qu’elle ne parvient plus à résorber, mais, rassurez-vous, les Français ont toujours des atouts aux yeux des Américains.

Le gouvernement français a en effet du retard sur son planning. Alors que le déficit budgétaire devait, conformément aux lois de l’Union Européenne, être réduit à moins de 3% du PIB en 2014, voilà que les Français s’accordent des prolongations. US News détaille le plan d’austérité prévu par le ministre des finances Michel Sapin : « 21 milliards d’euros », soit « les coupes budgétaires les plus drastiques que le pays ait connu dans son histoire moderne ». Résorber la dette passera par quelques modifications de la Sécurité Sociale, que US News juge bien « généreuse ». Le magazine Fortune rappelle les conséquences de ce déficit budgétaire colossal. D’abord, la démission de trois ministres. Ensuite, un « face à face » avec l’Allemagne, qui aurait déclaré aux Français une « dispute froide ».

Mieux vaudrait repousser encore l’échéance, ce que, comme le rappelle Fortune, « la France a déjà fait à deux reprises ». De plus, des restrictions budgétaires « très impopulaires, conjuguées à la désaffection de la gauche du parti socialiste (…) pourrait engendrer une révolte des législateurs », alors même que « les socialistes ont déjà perdu le contrôle du Sénat », et que la popularité de François Hollande « est la plus basse qu’ait connu un Président français depuis la seconde guerre mondiale ».

Le Wall Street Journal donne heureusement des nouvelles plus réjouissantes : pour combler ce gouffre financier, la France projette d’ouvrir « ses trois meilleurs musées à Paris » (le Louvre, Versailles et le Musée d’Orsay) sept jours sur sept. De quoi ravir les Américains, qui trouvaient que leur fermeture un jour par semaine « était frustrante pour les touristes ».

 Act French

A défaut d’argent, les Français auront toujours pour eux un atout majeur : leur pouvoir de séduction. Le New York Times a consacré un article à l’Américain William Alexander, auteur de « Flirting with French : How a Language Charmed Me, Seduced Me and Nearly Broke my Heart ».  Pour lui, il ne suffit pas de parler français pour avoir la classe, il faut avant tout « être français ». Son amour pour le français est pourtant tel qu’il refuse de dire « wifi », substituant à ce terme bien trop américain « accès sans fil à l’Internet ». Plus long et compliqué, mais tellement plus raffiné…

L’auteur américain nous assure qu’on peut apprendre à n’importe quel âge. Il n’est donc jamais trop tard pour acquérir la French Touch, même si l’apprentissage sera « une expérience dure, triste, solitaire et extrêmement frustrante qui peut vite vous mettre sur les rotules ». Son conseil favori pour vous aider à supporter cette épreuve : « arrêtez de vous acharner à essayer d’apprendre. Soyez juste français. ». Ce qui, pour William Alexander, se résume à « s’asseoir dans des cafés, boire du vin, jouer à la pétanque et parler politique avec les gens du coin ». Ah, si seulement la vie des Parisiens était ainsi…

Quand le journalisme français s’inspire des US

Depuis Paris en tout cas, Adrien Bosc, à seulement 28 ans, ravit le New York Times. Sa réussite ? Avoir importé « le journalisme long-format américain », narratif, de l’autre côté de l’Atlantique, avec la revue Feuilleton, à mi-chemin entre littérature et journalisme. Pour le New York Times, l’expérience relèverait de l’exploit, dans un pays comme la France où « la fiction est traditionnellement réservée à la littérature avec un grand L ». L’Hexagone ne compte que peu de journaux de ce nouveau genre. Cette « offre limitée » serait cependant « en train de changer avec la nouvelle génération d’éditeurs comme M. Bosc, qui lisent en Anglais, et voyagent aux Etats-Unis, avant d’introduire cette forme de journalisme narratif en France ». Le New York Times cite aussi XXI, qui lui aussi, a eu la bonne idée de « s’inspirer des publications américaines et britanniques ».

Un ancien de la DGSE pris pour cible par les Américains en Syrie

Enfin, McClatchyDC revient sur la situation en Syrie. Les forces aériennes américaines ont bombardé l’endroit où se réfugiait un ex-agent du service de renseignement français, la DGSE. Celui-ci avait rejoint Al Qaida, devenant ” l’un des agents avec l’un des rangs les plus élevés à rejoindre le groupe terroriste ».

Son identité reste secrète. Il semblerait qu’en dépit de l’envoi de pas moins de “47 missiles”, l’homme ait survécu. Spécialiste des explosifs, il était parti de France pour rejoindre la Syrie, où il serait responsable d’attentats. Pourtant, révèle McClatchyDC, quatre Européens, les seuls à être en mesure de confirmer l’identité de l’agent français, refusent catégoriquement de parler, « craignant d’être incriminés dans leurs pays pour avoir divulgué des informations confidentielles ». Le choix du bombardement plutôt que d’une capture serait d’ailleurs « en partie dû à la volonté de garder l’identité de l’agent secrète ».