Ces Français qui subissent le “shutdown” de plein fouet

Le National Gallery of Art est fermé depuis le 4 janvier.

Le “shutdown” dure depuis plus d’un mois. Quelque 800.000 employés fédéraux et un grand nombre de contractuels ne sont plus payés. Parmi eux, des Français.

Depuis mai 2016, Delphine Nna Mvondo travaille pour un projet financé par la NASA. Chimiste en sciences planétaires, elle n’est pas une employée fédérale, mais son poste est touché. “Mon salaire de janvier a été réduit de 50%, et je n’aurai peut-être pas celui de février, s’inquiète-t-elle. Le shutdown semble un événement parmi d’autres aux Etats-Unis et je suis consternée de voir que les gens et les travailleurs fédéraux ne se mobilisent pas davantage. La passivité et le désintérêt des institutions fédérales et des fonctionnaires sont déstabilisants”. Rappelons que les employés fédéraux n’ont pas le droit de faire grève. 

Dans le même cas, Emilie Pinder s’est retrouvée sans travail. Infirmière contractuelle pour deux agences fédérales, elle se retrouve en congé sans solde faute de missions. “La première semaine, j’ai travaillé trois jours, puis l’autre deux jours, dans le New Hampshire, et cette semaine, on m’a proposé un seul jour“, explique-t-elle, lassée par la situation.  

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J’ai commencé à conduire pour Uber, et je fais des livraisons de courses pour les clients d’une application”, explique cette jeune mère d’un bébé de 15 mois. Les factures d’électricité commencent à s’empiler. “J’ai appelé notre fournisseur, mais ils ne veulent rien entendre, nous devons payer la totalité en temps et en heure”. Son mari, lui, ne sait pas s’il continuera à travailler après le 31 janvier.

De son côté, Delphine Nna Mvondo a tenu sa famille au courant de la situation. “Ma soeur est prête à m’accueillir, ce n’est pas ce dont je rêvais à 43 ans”, explique-t-elle. Sous visa J-1, elle a pour obligation d’avoir une assurance-maladie et un travail. Elle a peur que son visa soit révoqué à tout moment.

Les stagiaires sont, eux aussi, touchés par le shutdown. Le 7 janvier dernier, une étudiante française, qui a souhaité rester anonyme, aurait dû commencer un stage de deux mois dans un musée américain de renom. Un stage prestigieux qui lui glisse entre les mains. “C’est un événement qui pourrait directement et négativement impacter le cours de ma carrière dans la conservation du patrimoine”, a-t-elle confié. Son stage arrive en fin de son cycle d’étude.

J’avais placé beaucoup d’espoirs, c’était l’opportunité de me faire connaître”, souligne-t-elle. “Je veux rester, même si c’est pour trois semaines de stage”, insiste-elle car elle espère faire carrière aux Etats-Unis.

Heureusement, face à cette situation compliquée, une belle solidarité s’est rapidement mise en place. Depuis le début du shutdown, des nombreuses entreprises, bars et restaurants, offrent des réductions pour aider les employés touchés. La semaine dernière, José Andrès, un chef bien connu de Washington D.C., a offert des repas gratuits à World Central Kitchen sur Pennsylvania Avenue et lancé la campagne #ChefsForFeds

Emilie Pinder essaie de voir ce qui est disponible à Silver Spring, où elle réside. “Quelqu’un m’a appelée pour me donner des couches, raconte-t-elle. Et nous sommes aussi allés dans un supermarché qui donnait des fruits et des légumes frais”.