“Les Français ont peur de tout”

Revue de presse. La France a peur. C’est l’impression qu’on a en lisant l’edito plus que critique de Pascal Bruckner dans les colonnes du Los Angeles Times.

Le philosophe explique notamment que “la jeunesse entreprenante réalise que les obstacles au succès sont moins importants et les opportunités plus importantes ailleurs, comme Londres par exemple“. “Mon pays adoré, en d’autres termes, est en train de perdre sa jeunesse dynamique et intelligente mais aussi des personnes plus âgées avec de l’argent. Je ne suis pas sûr que ce modèle social peut marcher sur le long terme“.

Dans ce pays, qui “n’est plus un leader mondial“, “Les Français ne s’aiment plus – ils font partie des populations les plus déprimées au monde (…) et ils n’attendent pas que les autres les aiment non plus. Le pays est si mal avec lui-même qu’il est incapable d’insuffler de l’enthousiasme à sa jeunesse“.

Bruckner dépeint un peuple qui “a peur de tout: le monde, la pauvreté, la mondialisation, l’Islam, le capitalisme, le changement climatique, les catastrophes naturelles et même, pour reprendre une expression américaine, de la peur elle-même“.

Pourquoi ce malaise, selon l’ecrivain? “Le conformisme” des Gaulois. “Comme les Francais ont fait une grande révolution il y a plus de deux siècles, ils semblent penser qu’ils sont dispensés du besoin de se renouveller et de s’adapter aujourd’hui“.

Miracle : il y a des entreprises en France!

Bizarrement, c’est le magazine Forbes qui vient à la rescousse de la France. Entrepreneurs : les Français ont bien un mot pour cela” titre le magazine, taclant sans détour les propos qu’aurait tenu le Président Bush – affirmant que les Français n’avaient pas de mot pour « entrepreneur ».

Le magazine prend ainsi le contre-pied de la notion, largement répandue, selon laquelle la France serait allergique aux entreprises, en affirmant qu’« au contraire, le pays en est rempli. C’est juste que la construction des grandes entreprises internationales de renom n’a traditionnellement jamais été leur point fort. Les start-up françaises, pour la plupart, se sont contentées de rester au niveau local et de profiter de la réussite à ce niveau ».

Consciente de ces faiblesses, la France travaille dessus. Aucun doute, le mouvement est en marche : « La France a manqué d’aspirations internationales, elle n’a pas pensé assez grand. Jusqu’à maintenant. » En effet, en plus des grandes marques comme Chanel ou Hermès, le nombre de marques françaises de commerce de détail de mode avec une présence internationale ne cesse d’augmenter -The Kooples, Loft, Sandro, Maje. Enfin « Les start-up numériques grossissent en France avec la vente en ligne et les places de marché virtuelles, un domaine dans lequel la technologie de marché en ligne Mirakl a prospéré » ajoute le journal.

« Pour certains, les plus grands défis pour les entrepreneurs de l’entreprise proviennent de traditions socialistes du pays, et la perception des entreprises privées par une tranche non négligeable de la population comme des lieux où l’homme exploite l’homme pour le profit ». Si beaucoup de changements doivent avoir lieux, le magazine ne s’inquiète pas de l’ampleur de la tâche et conclut : « Les Français ont un mot pour cela : Révolution ».

Moins dithyrambique, le New York Times reconnaît l’effort du Président français et relate « son offensive de charme majeure pour convaincre le monde que la France est ouverte aux entreprises ». Rien que ça.

Armé de promesses de ne pas trop les taxer, il a rassemblé près de 40 chefs de certaines des plus grandes multinationales du monde et des fonds d’investissement lundi, sous les plafonds dorés de l’Élysée et leur a dit que leur argent n’était pas seulement le bienvenu – mais qu’il manquait cruellement”.  François Hollande, dos au mur, a annoncé une série de mesures, réaffirmant son engagement de réduire de 30 milliards d’euros les charges sociales que les entreprises paient sur leurs employés.

Lundi, il a dit qu’il voulait aussi inclure 25 000 € de subventions pour les start-up étrangères, l’accès au financement à faible coût pour les filiales des sociétés étrangères qui s’installent en France et un “visa de talent” qui permettrait de fournir un permis de travail sans tracas, valable pour quatre ans.” Allez les Bleus !