Des Français amènent le GPS dans le métro new-yorkais

« Il est quand même assez inacceptable que l’on ait autant d’outils merveilleux à notre disposition partout où l’on bouge dans le monde et que, juste quand on se trouve dans un tunnel, ça ne fonctionne plus », déplore Béatrice Korsakissok.

C’est de ce constat qu’est née l’entreprise Syntony, qu’elle a co-fondée avec son mari Joël le 1er mai 2015, pour équiper les métros d’un dispositif permettant de reproduire un signal GPS pour géolocaliser un smartphone, par exemple.

D’ici septembre prochain, la start-up basée à Toulouse dotera le métro new-yorkais de sa technologie sur un tronçon de la ligne 1, soit « le passage le plus complexe, avec plusieurs tunnels qui partent dans plein de directions différentes », observe Béatrice Korsakissok.

Le but de ce dispositif est d’aider les techniciens de maintenance à localiser un problème dans un tunnel. « Pour l’instant, il y a des gens dont le métier est de parcourir le métro et de compter leurs pas pour localiser une panne, s’exclame Béatrice Korsakissok. Nos clients veulent être capables de fournir un smartphone à leur technicien de maintenance, qui va parcourir les lignes de métro à la recherche de l’écrou à resserrer ou du rail qui est abîmé et prendre une photo de cet endroit qui sera géolocalisé précisément ».

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Cerise sur le gâteau : le produit fournit aussi la géolocalisation des appels d’urgence qui émaneraient de passagers ou de toute autre personne qui se trouverait dans le tunnel. Les secours pourront donc les situer précisément.

Le couple, qui emploie 30 personnes et compte embaucher une vingtaine de nouveaux salariés d’ici la fin de l’année, a commencé à travailler sur cette technologie dès 2011 pour le métro de Stockholm en Suède.

De cette collaboration est né le système « Subwave », déployé en 2016 dans les souterrains de la capitale suédoise. Depuis, les métros du monde entier se l’arrachent. Après les métros de New York, de Toulouse, d’Helsinki et de Munich cet été, la start-up se dit déjà en pourparlers avec les réseaux de Los Angeles, San Francisco, Seattle, Montréal, Toronto, Singapour et Séoul.

Pour gérer ses activités sur le continent américain, Syntony envisage même d’ouvrir des bureaux « à New York ou ailleurs », confie Béatrice Korsakissok, qui s’astreint pour l’heure une fois par mois depuis près de deux ans à un « grand écart au-dessus de l’Atlantique » avec son mari. « On imagine monter une équipe en 2019 », estime l’entrepreneuse, venue récemment à New York avec le programme Impact USA de Business France. « On fait connaissance avec ce nouveau monde ».