Le fonds français ISAI vient mettre ses billes aux Etats-Unis

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En 2016, ISAI parie sur l’entrepreneur français des Etats-Unis.

Bien connu en France, le fonds d’investissement créé il y a cinq ans par quelques entrepreneurs stars de la tech métropolitaine (Pierre Kosciusko-Morizet, Geoffroy Roux de Bézieux…), vient de traverser l’Atlantique.

Depuis New York, le Français Paul Strachman, venture partner chez ISAI, est désormais en charge de développer l’activité de ce fonds aux Etats-Unis. Son job : trouver des jeunes start-ups montées par des Français des Etats-Unis, dans lesquelles ISAI pourrait investir. Et aider des start-ups de France dans lesquelles ISAI a investi à poursuivre leur développement de ce côté de l’Atlantique.

Une campagne américaine qui prend tout son sens depuis l’annonce, au mois de décembre, de la constitution d’un nouveau fonds ISAI de 75 millions d’euros. Comme pour son premier fonds, celui-ci a la particularité de s’être constitué grâce à l’argent d’entrepreneurs de la tech, qui confient leurs deniers à ISAI.

Nouveauté : parmi les entrepreneurs-souscripteurs de ce nouveau fonds, figurent une vingtaine de Français des Etats-Unis – des business angels basés à New York, San Francisco ou Boston. “Leurs noms sont confidentiels mais ce sont des figures bien connues dans ce petit milieu, des personnes qui ont créé plusieurs entreprises, ou qui ont bien vendu leur start-up”, explique Paul Strachman.

Depuis son bureau WeWork de Midtown, à New York, Paul Strachman épluche les dossiers de jeunes pousses, rencontre d’autres VC, des business angels, accueille des entrepreneurs français et les met en relation avec divers acteurs, les coache… “Ce qui manque le plus souvent aux fondateurs français qui viennent ici, c’est l’état d’esprit ‘dream big’. Ils doivent apprendre à faire rêver. Il faut leur donner cette confiance et cet optimisme. Pas facile, pour des Français qui sont souvent très critiques et un peu dans l’autoflagellation permanente.”

“Créer un pipe-line de dossiers”

Pour faciliter cette transition, Paul Strachman veut aussi renforcer l’écosystème des patrons français à New York.“D’où l’événement Le Grand Pitch qu’on avait organisé en novembre, avec d’autres acteurs du secteur. L’idée, c’est de créer un pipe-line de dossiers, affirme-t-il.  Je trouve qu’il y a beaucoup d’entraide et de collaboration entre les Français aux Etats-Unis, avec une une vraie dynamique. Et il y a de plus en plus d’entrepreneurs français viennent s’installer ici.” Comme nous le disait cet été Jean-David Chamboredon, président d’ISAI, pour une start-up française qui veut réussir à grande échelle, les Etats-Unis sont un passage obligé. « C’est là que les standards se font, que les nouvelles technologies sont adoptées et validées », commentait-il.

Le monde des start-ups, Paul Strachman le connait déjà bien. L’ex-étudiant du MBA de Stanford, également passé par les Ponts-et-Chaussées, a été pendant trois ans COO (chef des opérations) chez Gracious Eloise, une start-up new-yorkaise. Installé depuis dix ans aux Etats-Unis, il a travaillé pendant plusieurs années comme vice-président chez Equinox, et a fait ses armes dans le cabinet de conseil Bain, en Europe.

Sous sa houlette, le bras américain d’ISAI a déjà réalisé il y a quelques semaines un premier investissement dans UniqueSound, une start-up basée à New York, qui met en relation des marques et des compositeurs de musique. D’autres vont suivre.

Les critères d’investissement d’ISAI aux Etats-Unis sont assez larges. Le fonds s’intéresse aux start-ups créées par des Français qui démarrent (seeds) ou sont un peu plus avancées (series A), plutôt B-to-B, en particulier dans le monde des softwares, du commerce, de l’intelligence artificielle. “Le hardware, pour le moment, on ne va pas y aller, même si ces sujets sont passionnants. Cela demande beaucoup de capitaux, et sur des tailles de fonds comme le notre, ce n’est pas toujours pertinent”, justifie Paul Strachman. A chaque fois, ISAI prévoit d’investir entre 250.000 et un million de dollars par start-up.

Si ISAI n’a pas l’ambition de prendre des parts dans des start-ups 100% américaines, l’un de ses défis est désormais de se faire connaitre dans le milieu des VC américains, afin de les amener aussi autour de la table. “On n’est pas connu ici ! Mais ce sont des relations qui vont se construire au fur et à mesure des deals.”

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