Fleur Pellerin à San Francisco: «Nous ne sommes pas en croisade contre les entreprises américaines»

Fleur Pellerin, la ministre chargée des PME, de l’innovation et de l’économie numérique, est venue à San Francisco du 2 au 5 juin expliquer la politique du gouvernement français, mal perçue outre-Atlantique, notamment suite à « l’affaire » Dailymotion.

« I really love America », a affirmé la ministre mardi 4 juin interrogée par un journaliste anglophone sur les saillies récentes du gouvernement contre Amazon et le rachat de Dailymotion par Yahoo. « Il faut dissiper les malentendus, mon job est d’expliquer [aux entreprises technologiques américaines] que nous sommes dans une relation coopérative. Nous voulons qu’elles investissent plus en France et que les entreprises françaises se développent aux Etats-Unis ».

Et c’est urgent. Selon l’étude publiée ce jour par Ernst and Young, l’attractivité de la France serait en perte de vitesse avec un recul de 13% des investissements étrangers directs contre une moyenne de 3% en Europe. « La France reste toutefois en première place pour les investissements industriels et la destination la plus attractive pour les Américains », relativise Fleur Pellerin.

Accompagnée par les 16 start-ups du French Tech Tour d’Ubifrance, la ministre est aussi venue rencontrer des investisseurs et les géants du web comme Twitter, Google, Apple et Facebook. Après les controverses récentes qui ont écorné l’image de la France, restaurer la confiance est une priorité. « L’ampleur médiatique de l’affaire Dailymotion a été sans commune mesure avec la réalité, plaide-t-elle. Une négociation confidentielle a été révélée alors qu’elle n’aurait pas dû l’être. L’Etat n’a pas vocation à gérer une entreprise dont il n’est pas actionnaire majoritaire ».

Côté français, les mesures du pacte de compétitivité sont mises en avant comme la mobilisation des fonds d’épargne à hauteur d’1,25 milliard d’euros pour les PME non cotées, l’incitation pour les grandes entreprises à investir dans les jeunes PME innovantes – « un problème est souvent soulevé par les entrepreneurs » – ou encore la réforme du régime des plus-values. Un accélérateur va ouvrir « d’ici deux mois » à San Francisco pour aider les start-up françaises à s’installer dans la Silicon Valley, a annoncé Fleur Pellerin.

Interrogée sur le projet de création d’un Quartier numérique à Paris, la ministre a souligné qu’il ne s’agissait pas de copier la Silicon Valley mais de créer un nouveau modèle lié aux atouts propres de la France. « La qualité des ingénieurs français est unanimement saluée ici », s’est-elle ainsi félicitée.