Flashgap, appli de photos de soirées, se lance aux Etats-Unis

Ceux qui ont vu “The Hangover” (“Very Bad Trip”, en français) se souviennent sans doute de son générique. On y voit la série de photos prises au cours d’une épique nuit de débauche, dont les acteurs ne se souviennent plus, et qu’ils essaient de reconstituer pendant tout le film.

C’est ce mécanisme que souhaite reproduire Julian Kabab et ses trois co-fondateurs français (Fabrice Bascoulergue, Aymeric Chauvin, Arnaud Ruols) avec Flashgap. Flashgap, lancé il y a dix mois à Paris, connait déjà un petit succès, et se lance désormais aux Etats-Unis, à coup de campagnes de marketing.“On va démarrer pour Halloween”, raconte Julian Kabab,  24 ans, qui a déjà fait plusieurs aller-retours entre la France et les Etats-Unis.

L’app’ permet à une bande de potes de rassembler à un même endroit des photos ou vidéos d’une soirée et de les rendre visibles le lendemain à midi pile, pas avant (entre temps, elles disparaissent). “Le film The Hangover, ça a été le déclic, mais en fait, l’idée vient de soirées que je faisais avec mes dix potes. On avait une GoPro qu’on se passait pendant toute la nuit  et le lendemain, on se regroupait pour voir les images. Ca générait des fous rires pendant des journées entières”, raconte Julian Kabab.

Il dit aussi vouloir reproduire “ce sentiment d’attente qu’on avait lorsqu’on allait récupérer des photos qu’on avait fait développer”. “Générer de l’attente, cela rend les choses plus intenses. Et le fait de rendre les photos visibles en même temps, cela créée beaucoup plus d’interactions entre les gens.”

La start-up a levé le mois dernier 1,5 million de dollars, et cet argent va servir aux fondateurs à se lancer sur le marché américain. Les Etats-Unis constituent un gros marché potentiel pour Flahsgap, qui revendique 180 000 utilisateurs  – dont 100 000 en France. La start-up emploie 13 personnes dans le Sentier, à Paris. Et quelques unes bientot, aux Etats-Unis.

“On hésite entre la Californie et New York. La culture de la fête étudiante est plutôt sur la côte est, donc cela aurait du sens d’être là-bas, mais en même temps, pour une start-up, il est logique d’aller sur la côte ouest”, hésite Julian Kabab. Pour lui, le choc culturel ne devrait pas être trop important : ce fils d’un père américain et d’une mère française est un ancien du Lycée français de Los Angeles, où il a passé 10 ans pendant son enfance. Ses études, il les a ensuite suivies dans une école hôtelière à Lyon. Happé par le succès de Flashgap, il n’a pas eu le temps de les terminer.